Les syndicalistes à la gamelle

dans Zones occupées

Dans notre beau pays, être syndicaliste peut devenir une sinécure dorée. Naturellement, nous ne parlons pas des tâcherons de la base, toujours aux premières loges pour défendre leurs camarades et lutter contre l’oligarchie financière. Ils existent, ils travaillent et leur militantisme est fort respectable lorsqu’il refuse toute implication politique et fonctionne à la manière des corporations. Hélas, la chose est rare. Intéressons-nous plutôt aux vedettes syndicales, ces joyeux drilles toujours prêts à privilégier la lutte contre la bête immonde à la défense de leurs collègues salariés. Les Double-Patte et Patachon du syndicalisme rentable s’affichent sans vergogne en tête des manifestations, conspuent le bourgeois et crient au loup à chaque occasion juste avant de se transformer en paillasson devant les organisations patronales et l’état afin de « préserver l’emploi, c’est pour ton bien, camarade ! »

Klara Von Kustniz
Klara Von Kustniz

Les syndicats et les organisations patronales vivent grassement des cotisations de leurs membres et de subventions de l’état dont le montant s’est élevé en 2016 à 122,8 millions d’euros via le Fonds de financement du dialogue social, excusez du peu. Ce Fonds est alimenté par les entreprises et l’Etat par une contribution prélevée par l’employeur sur les salaires et une subvention. Paie, camarade, c’est pour ton bien.

Qui touche le jackpot ?

Les syndicats empochent la plus grosse part du gâteau : 88 millions d’euros sur les 122,8. Le reste allant aux organisations patronales.

Si on comprend bien le système, le patron prélève de l’argent sur le salaire de l’employé puis le verse au Fonds de financement du dialogue social qui en reverse une grosse partie aux organisations patronales … Un cercle vicieux fort juteux à 39 millions d’euros.

Parmi les patrons, le MEDEF mange la plus grosse part du gâteau : 12,2 millions d’euros, le reste se répartissant entre les différentes organisations.

Parmi les syndicats, la CGT remporte le gros lot avec près de 19 millions d’euros, suivie par la CFDT ,18,56 millions, FO , 14,9 millions, CFE-CGC 12,6 millions et la CFTC, 12,5 millions.

Cela fait cher du paillasson…

Nos très chers syndicats ont souvent des leaders fort charismatiques et entretenus comme des poules de luxe : salaire très correct, notes de frais et voitures de fonction.

Le prédécesseur de Philippe Martinez à la tête de la CGT, Thierry Lepaon émargeait à plus de 5 000 euros nets par mois, salaire que suite au scandale, il demanda à réduire à 4000€ avant de démissionner. Mais il n’était pas le mieux payé, les secrétaires généraux de fédération percevant parfois une rémunération de plus de 5000 € par mois à laquelle s’ajoutent l’appartement payé et la voiture de fonction.

Plus belle la vie …

La CGT ne détient cependant pas la palme des meilleurs appointements. Patrick Del Grande, secrétaire général de la Fédération du bâtiment de la CFTC émargerait à 17 000€ par mois tandis que sa plus proche collaboratrice, présidente de la fédération CFTC de Meurthe et Moselle palperait jusqu’à 13 000€ par mois.

Mais nos leaders syndicaux ont d’autres plans pour croquer le contenu de la gamelle. Un des meilleurs plans consistant à être un ex-leader syndical qui à grands coups de « c’est pour ton bien camarade » s’est bien comporté comme un paillasson, un paillasson doré à l’or fin.

Prenons l’exemple du fraîchement démissionnaire président de FO Jean-Claude Mailly. Le voilà recasé au Conseil Economique et Social Européen, grand machin parfaitement inutile dont les 350 membres rendent des « avis » et des « rapports », indemnisés à hauteur de 233€ par jour de réunion plus 145 € d’indemnité de transport plus 34€ par nuitée, soit la coquette somme de 412€ par jour.

Les membres du Conseil sont proposés par leurs gouvernements respectifs. Merci Macron.

Dans un genre plus ludique, le très médiatique Bernard Thibault , ancien leader de la CGT, vient d’être nommé au Comité d’Organisation des Jeux Olympiques 2024 (COJO) en tant que membre du conseil d’administration du bureau international du travail. Pour l’ancien cheminot détenteur d’un CAP de mécanique, voilà une sacrée promotion. Il siégera, pas dégoûté, aux côtés de Geoffroy Roux de Bézieux, numéro 2 du MEDEF. On se souviendra également du scandale suscité par la révélation des salaires mirobolants des membres du COJO.

Ajoutons à cela que le président du Comité National Olympique et Sportif de France Denis Masseglia, chargé de chapeauter l’organisation des jeux et donc de superviser la nomination des membres du COJO a fait partie en 2017 du groupe d’une soixantaine de sportifs qui ont appelé à voter Macron et la boucle sera bouclée.

Merci qui ? Bah … encore Merci Macron.

 

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