L’Express(ément) soumis ?

dans La voix de son maître

L’Express, journal bien ancré dans le système depuis sa création, nous abreuve régulièrement d’articles fustigeant l’extrême-droite, le fascisme, la bête immonde, etc…Penchons-nous sur son berceau.

Rédaction NSP
Ivan Lévy

En 1953, Jean-Jacques Servan-Schreiber issu d’une famille influente aux origines prussiennes et de confession israélite et Françoise Giroud, de son vrai nom Françoise Gourdji (son pseudonyme lui sera donné par le réalisateur Maurice Diamant-Berger plus connu sous le nom d’André Gillois ) fondent l’organe de presse qui devient très vite l’organe de la bourgeoisie de gauche et du mendèsisme militant.
Il tenta même de devenir le quotidien du Front républicain ( Guy Mollet, Pierre Mendès-France, François Mitterand, Jacques Chaban-Delmas) mais échoua, faute de lecteurs. Il sera sauvé par les deniers du groupe industriel Schneider (Le Creusot) et ceux, entre autres, de Lazare Rachline dit Lucien Rachet, fondateur de La Ligue Internationale contre l’antisémitisme et de La Loge Abbé Grégoire, GLDF (Grande Loge de France, ndlr), un des dirigeants de la LICA -future LICRA-, membre de l’Alliance France-Israël et administrateur de Publicis et de l’agence Régie-Presse (groupe Bleustein-Blanchet). Lors de l’augmentation de capital, d’autres familles fortunées apparaîtront parmi les administrateurs, la famille Seydoux avec René Seydoux dit Fornier de Clausonne président du groupe Schlumberger, Simon Aron dit Nora et son épouse Léone Georges-Picot, attaché de presse des Editions Gallimard (Ex secrétaire particilière de Mendès France). Comme on le voit, de très riches fées à pseudonyme se sont bien penchées sur le berceau de L’Express.

En 1964, l’état-major de L’Express se compose de JJSS, Françoise Giroud, M. et Mme Jean Ferniot dite Christiane Collange, René Guyonnet , Georges Suffert, Marc Ullman, Maurice Roy, Nicole Hirsch, Danièle Heymann.

Déjà spécialiste d’une censure de bon aloi afin de préserver la bien-pensance de ses lecteurs, le journal se garde bien de mentionner trop tôt l’atroce répression soviétique qui s’est abattue sur la Hongrie en 1956 – il ne faudrait pas fâcher les copains communistes- ou de parler des écrivains de droite du groupe des « Hussards » qui s’opposent à l’existentialisme sartrien. A gauche toute, c’est le prix du silence et L’Express sait se taire et devenir avant l’heure le journal des bobos. Naturellement, la rédaction se range du côté du FLN et contre La France lors de la guerre d’Algérie. Encore maintenant, L’Express défend les traîtres pieds-rouges. Gageons que les dernières repentances de Macron trouveront un écho favorable dans les colonnes du journal.

L’Express s’est à la même époque transformé en newsmagazine sur le modèle de Time et de nombreux journalistes connus y travaillent : Jean-François Kahn, Ivan Levaï, Catherine Ney ou Danièle Granet administratrice de la société Novapress appartenant au groupe Pigasse, celui du Monde qui ne voit aucun inconvénient à ce que son directeur artistique héberge le site antifasciste La Horde ou encore Jean Daniel– de son vrai nom Jean Daniel Bensaïd– qui fondera quelques temps plus tard Le nouvel Obs. Un autre transfuge de L’Express Claude Imbert fondera Le Point…

Une belle famille de presse bien-pensante et … républicaine

En 1977, JJSS vend son organe au financier James Goldsmith dans le but d’en faire un instrument contre le communisme mais il cédera ses parts à la Compagnie Générale d’Electricité dont la PDG Françoise Sampermans rachètera aussi une grande partie du capital du Point. Cette même Mme Sampermans dirigera également Marianne et L’Evènement du Jeudi puis Le Nouvel Economiste et participera avec Ivan Levaï à la relance du titre Tribune juive et enfin préside depuis 2012, l’association France Générosités groupe de lobbying qui a pour mission de développer les actes de charité du public envers les associations « humanitaires ». Décidément, tout se passe en famille.

Christine Ockrent, membre du Siècle et souvent invitée au groupe Bildenberg, reprendra la tête du journal en 1994 qui passera rapidement dans les mains du groupe Havas, fondateur de l’agence France-Presse.

En 1995, L’Express sera le premier journal français à paraître en ligne tandis qu’en 1996, Denis Jeambar, ex journaliste au Point succède à Chritine Ockrent et que Jacques Attali et André Glucksmann intègrent la rédaction.

Place à la valse des actionnaires : Vivendi Universal Publishing (ex Havas), Dassault, Roularta et à la succession de Christine Ockrent. Christophe Barbier, actuel grand-guignolesque chroniqueur à l’écharpe rouge sur BFM TV prend en main la rédaction de L’Express et s’empresse de mettre à la porte une grande partie des journalistes.

En 2015, le groupe belge Roularta fourgue L’Express au milliardaire franco-israélien Patrick Drahi, également propriétaire de SFR, Libération, L’Expansion, Classica, Lire, Mieux vivre votre argent (sic), Pianiste, Studio Ciné Live,L’Etudiant, la chaîne TV israélienne I24News, le tout dans le groupe MagNews&Co devenu Altice Media Group, dont il est le seul actionnaire avec Marc Laufer lui-même dirigeant un temps de Skyrock, engagé par l’actionnaire Axa dans le but de dégraisser la masse salariale.

Tout ce beau monde fortuné n’empêche pas L’Express d’être déficitaire de plus de 86 millions d’euros, comme la plupart des titres français mais visiblement, l’argent compte peu pour un organe de presse au service du système. De 2001 à 2016, le journal passe de plus de 550 000 exemplaires à 292 548 et vit sous perfusion de l’état.

Depuis, le journal continue de rendre service en publiant une liste très controversée et fort orientée de sites de « fake-news » et en faisant la part belle à Emmanuel Macron sur lequel la rédaction ne tarit pas d’éloges et se vautre dans la plus basse flagornerie en le qualifiant « d’empereur providentiel »… et en multipliant les « unes » sur le candidat ou le président dont elle ne cesse de relayer les « petites phrases » pour mieux mettre en valeur la politique libérale chère aux système sous couvert de fausses polémiques comme par exemple, la pseudo-critique de la dernière saillie de « Manu » sur la possibilité de trouver du travail en traversant la rue. L’inénarrable Hélène Rosencher, petite-fille du résistant Henri Rosencher  et qui sévit également dans Marianne, sur LCP, France 3 et dans l’hilarant 28 minutes d’Arte qui se veut spécialiste du décorticage de fausse nouvelle grâce à la rubrique Désintox produite par Libération (Marc Laufer et Patrick Drahi, le retour) destinée à traquer le mensonge dans la presse-suivez mon regard- signe un article digne du chapitre sur les secteurs d’activité dans un manuel de géographie de quatrième de 1979, le tout pour terminer sur la possibilité que Macron fasse mieux que Hollande, ce qui ressort, d’après elle, de l’enjeu électoral.

Quel magnifique sous-entendu ! Bouh fais-moi peur avec la Bête Immonde qui pourrait capter les votes des chômeurs désespérés .Nous remercions L’Express de considérer un chômeur désespéré comme un enjeu électoral et nous ne doutons pas que sa ligne éditoriale ne manquera pas de continuer à pratiquer la reptation nombrilesque jusqu’à épuisement des subventions.

Décidément, dans la presse française, tout se passe toujours en famille …

NDLR : Aides de l’Etat en 2016 à l’Express.

Aides Montant de l’aide : 661 285
Aide par exemplaire : 0,035

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