LICRA : un meurtre, un procès, des révélations

dans Réflexions & Histoire

Un meurtre est à l’origine de la création de la première de nos ligues de vertu la LICRA (Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme). En effet, le 25 mai 1926, Simon Petlioura, figure ukrainienne de la lutte contre le bolchévisme est assassiné froidement de cinq balles à bout portant par un certain Samuel Schwartzbard. Comme le notait un article du Figaro de l’époque : « Simon Petlioura fut assassiné dans des conditions de lâcheté atroce. »

Rédaction NSP
Par Ivan Lévy

L’assassin, d’origine juive, avait alors prétendu vouloir venger son peuple en assassinant Petlioura selon lui à l’initiative de pogroms. A l’époque, le procès ne permit pas de mettre en lumière la vérité sur cette affaire. Il en est bien autrement depuis la chute du mur qui a permis de révéler que l’assassinat de Petlioura avait été ni plus ni moins commandité par le régime bolchévique afin de mieux asseoir l’hégémonie communiste sur l’Ukraine et que Simon Petlioura avait, au contraire, lutté de toute son énergie contre les pogroms en instaurant la peine de mort pour les militaires ukrainiens qui les pratiquaient. Pour certains bolchéviques, la vérité n’a que bien peu d’importance…

Le procès dans lequel l’assassin était défendu par l’avocat communiste Henry Torrès fut retentissant et se révéla une véritable parodie de justice. On n’entendit pas la plupart des témoins et on fit appel à la méthode Münzenberg (père de la théorie antifasciste), à savoir le témoignage d’idiots utiles si possible célèbres comme Albert Einstein ou Paul Langevin qui, en matière de pogroms, n’étaient pas plus au fait de la vérité que les malheureux jurés d’assises.

Maître Torrès était le spécialiste de la défense des assassins d’extrême-gauche : il défendit également Germaine Berton qui assassina Marius Plateau faute d’avoir pu atteindre Léon Daudet, Ernesto Bonomini anarchiste italien qui avait tué le chargé de mission de Mussolini à Paris etc. Dans le procès contre l’assassin de Petlioura, il s’agissait avant tout de « médiatiser » comme on ne le disait pas encore, la lutte contre l’antisémitisme et de promouvoir le communisme.

Le mensonge triomphera et le lâche assassin qui avait tiré sur un homme désarmé sera acquitté au nom des droits de l’homme et de la haute vertu triomphante.

Un jeune journaliste et chroniqueur judiciaire Bernard Lecache sera pour beaucoup dans l’acquittement de l’assassin puisqu’il lance, à l’occasion du procès, une véritable campagne de soutien à Schwartzbard en créant la Ligue contre les Pogroms qui deviendra très vite la LICA (Ligue Internationale Contre l’Antisémitisme), ancêtre de la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme).

La victime, Simon Petlioura, n’avait pourtant fait que se battre pour la liberté de son pays tout en s’efforçant de protéger au mieux les juifs des exactions des soviets et des nationalistes. Son discours du 26 août 1919 contre les pogroms est sans ambages mais quand joue l’air de la calomnie, les ligues de petite vertu hurlent avec les loups. Les Rouges avaient tout fait pour discréditer la cause ukrainienne dans l’opinion internationale et le mensonge avait parfaitement bien fonctionné. Comme on le voit, pas besoin des médias modernes et autres réseaux sociaux pour répandre une rumeur mensongère et faire avaler n’importe quoi à l’opinion publique.

Cependant, la LICA, future LICRA, était née à partir de ce mensonge. Comme le précisent ses statuts, ses membres doivent faire rayonner la justice, la lutte contre toute forme de discrimination et la tolérance. Nous attendons donc avec impatience un communiqué de la Ligue rétablissant la vérité au sujet du lâche assassinat de Simon Petlioura.

Photo d’illustration : Maître Torrès et ses collaborateurs M. Weil et M. Rosenthal, Paris-Soir du 23 Oct. 1927.

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