L’OCDE anticipe une stagnation économique durable

dans Tour d'horizon

Le moral des dirigeants de l’organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) semble se rapprocher de son étiage dès lors qu’il s’agit d’évoquer les perspectives économiques mondiales et tout particulièrement de ses membres, pour les années à venir. Sa vision d’un monde en perpétuelle croissance économique, dont, selon la formule, les arbres monteraient jusqu’au ciel, se heurte au réalisme économique d’une économie en phase de ralentissement, vraisemblablement pour quelques années.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Égrenant les causes réelles ou supposées de ce fléchissement, les dirigeants de l’institution évoquent le nouvel ordre géopolitique du commerce mondial depuis la fin des années 1990, le renforcement des barrières douanières, la numérisation de l’économie, l’évolution de la Chine qui priorise aujourd’hui la consommation intérieure et les services au détriment de l’exportation de produits manufacturés. Sans oublier l’inévitable rappel d’un changement climatique même si on ne saisit d’ailleurs pas très bien comment et en quoi il affecterait aujourd’hui l’économie mondiale).
Selon l’OCDE, celle-ci connait aujourd’hui son plus faible taux de croissance depuis les crises financière de 2008-2009 mais les chiffres avancés font davantage état d’un tassement que d’un effondrement. La France, par exemple, dont le taux de croissance devrait se situer à 1,3% en 2019 pourrait se contenter de 1,2% en 2020. Pour la zone euro, il s’agirait également d’une modeste érosion de 1,2% à 1,1%. Pour la Chine qui devrait davantage pâtir de la conjoncture, la croissance passerait de 6,2% à 5,7% à cause, notamment, de l’érosion de la demande mondiale et des droits de douane américains.

A quoi sert encore l’OCDE ?

Mais ces considérations mélancoliques de l’OCDE n’entament en rien son enthousiasme pour l’immigration économique, ni son admiration pour le modèle canadien en la matière. Au prix de raisonnements et d’arguments spécieux, notamment sur le coût de l’immigration, elle défend le principe de quotas alors que la situation imposerait à tout gouvernement digne de ce nom de se soucier avant tout de remettre au travail, avec ou sans formation complémentaire, les millions de chômeurs et d’oisifs éloignés de l’emploi avant d’envisager le moindre immigré supplémentaire.
Pour ce qui est des préconisations, l’OCDE se contente d’inciter les États à profiter des taux bas pour multiplier les investissements à long terme, ce qui revient à accroitre encore la perfusion de leur économie en aggravant toujours plus l’endettement sans le moindre souci d’un apurement de leur dette. L’autre irénique recommandation suggère d’aplanir les différends commerciaux, notamment entre la Chine et les États-Unis. Comme si la magie du verbe d’une organisation supranationale suffisait à réconcilier les deux champions de l’économie mondiale.
L’OCDE, créée en 1961 pour prendre la suite de l’Organisation économique de coopération européenne (OECE), garante de la mise en œuvre du Plan Marshall, semble condamnée à ressasser en boucle les vertus économiques de la mondialisation économique, dans le déni sans faille des identités, enracinements et droits de peuples à disposer d’eux-mêmes.