Marion Sigaut : « dénoncer le mal, contribuer à rendre aux mots et aux choses leurs sens et leurs valeurs, c’est le sens de mon existence »

dans Entretiens

Marion Sigaut, historienne qui dénonce inlassablement les mensonges de la République et égratigne volontiers les mythes révolutionnaires explique dans les colonnes de NSP le sens de son engagement.

Rédaction NSP
Par Clara Von Kustniz

Marion Sigaut, vous avez lancé en août dernier un « appel à la résistance » invitant à manifester devant les écoles le jour de la rentrée scolaire contre « l’éducation sexuelle à l’école » et ce que vous craignez dans l’avenir « la légalisation de la pédophilie », ce qui vous a valu les foudres des bien-pensants . Quel est le véritable sens de votre combat ?

Marion Sigaut : J’ai aujourd’hui 68 ans, ce qui signifie que j’avais 18 ans en mai 1968. J’ai donc l’âge d’avoir connu l’avant et l’après de ce qu’on appelé la révolution sexuelle, et j’ai des souvenirs précis de l’avant. Le sexe était l’affaire du couple, marié autant que possible, il se faisait dans l’intimité et quand on voulait plaisanter sur le sujet –ce dont les Français ne se sont jamais privés-, on le faisait à mots couverts, par allusions. L’humour n’excluait pas le respect, le sexe relevait du sacré.

Un jour on s’est mis à dire que ça devait changer, que les femmes étaient opprimées dans leur sexualité, et je me souviens très bien d’avoir dit moi-même, répétant ce qu’on m’avait asséné dans le milieu universitaire gauchiste où je barbotais, que les enfants eux-mêmes devaient être sexuellement libérés.

Je n’ai pas souvenir d’avoir été sexuellement opprimée, mais j’ai le souvenir précis qu’on me l’a mis dans la tête. Il se trouve qu’à cette époque, pour des raisons purement personnelles et familiales, j’étais dans un état de grande souffrance psychique et que je me suis jetée à corps perdu dans cette voie sans issue qui consiste à croire que si on fait tout ce qui nous passe par la tête on sera heureux, et que l’interdit est fait pour être transgressé. Bref, j’ai pris pour moi cette morale nouvelle qui consiste à dire que si c’est bon ça ne peut pas être mauvais.

Je peux dire aujourd’hui, avec le recul, que je n’ai jamais voulu ça, et que j’ai prôné et vécu la liberté sexuelle en renonçant à tout ce qui m’était le plus cher, à tout ce que je croyais le plus beau. Ça a été un renoncement, un abandon de mes valeurs (j’étais jusque-là catholique fervente), une fuite en avant angoissée et éperdue pour échapper à mon malheur intime.

Il y a environ quatre ans, j’ai vu sur Internet l’excellent film de Tim Tate sur Kinsey et les pédophiles, et il faut que je raconte ce qui m’est arrivé. A la fin de la vidéo, que je regardais avec une amie, je me suis mise à haleter comme si je venais de faire un cent mètres, et j’ai commencé à geindre. J’ai glissé de mon fauteuil et je me suis retrouvée sur mon tapis à haleter et à geindre puis à pleurer et hoqueter et enfin à me tordre, puis à crier. Ça a dû durer environ dix minutes au cours desquelles j’ai vu défiler toute ma jeunesse et où j’ai compris comment j’avais été manipulée et comment j’avais renoncé à moi-même. La fameuse liberté que j’avais pratiquée avait été le fruit d’une manipulation mondiale orchestrée par des pervers qui avaient décidé de renverser toutes les valeurs. J’ai vu au-dessus de ma tête d’adolescente écorchée planer l’ombre abominable de ces salopards qui se repaissent de l’innocence qu’ils outragent, et jouissent du malheur qu’ils provoquent.

Or il se trouve que depuis quelques années déjà j’avais pris conscience de la réalité de la pédophilie de réseau, et c’est d’ailleurs pour comprendre ce que ça avait été dans l’ancien temps que j’ai repris mes études d’Histoire à l’âge de 51 ans. A ma connaissance de cette réalité locale s’ajoutait, désormais, celle du processus mondial qui la permettait.

J’ai vu dans ce film la merveilleuse Judith Reisman brandir le poing en direction des bien-pensants qui appellent « scientifiques » des expériences de viols d’enfants et j’ai vraiment perçu l’énormité de l’horreur en cours : le sexe n’est plus le domaine sacré de la vie et de l’amour, il est tombé entre les mains vicieuses de maniaques qui dirigent le monde et détruisent méthodiquement tout ce qui est beau et vital.

J’ai contacté Judith je l’ai rencontrée, plusieurs fois, j’ai trouvé un merveilleux garçon qui a proposé de traduire gracieusement l’un de ses livres et Alain Soral l’a publié. Lutter contre ces horreurs est le combat de ma vie, c’est ce vers quoi convergent tous les chemins disparates que j’ai empruntés pour trouver ma voie. Sauver les enfants, dénoncer le mal, contribuer à rendre aux mots et aux choses leurs sens et leurs valeurs, voilà je crois le sens de mon existence.

Je ne suis pas à l’initiative de l’appel à manifester, je me suis contentée de le relayer, heureuse que ma dénonciation des abominables « droits sexuels » ait rencontré un écho et commencé à mobiliser des gens courageux et dignes. Tout, absolument tout ce qui associe les enfants au sexe (éducation sexuelle, droits sexuels…) relève du Mal absolu, que les acteurs de ces campagnes en aient conscience ou non.

Votre combat vous a valu calomnies et entartage. Comment l’expliquez-vous ?

M.S : Il y a plusieurs choses. J’ai commencé à me heurter à la censure il y a bientôt trente ans quand j’ai commencé à écrire au sujet de la réalité israélo-palestinienne, chasse-gardée exclusive de gens qui rejettent corps et âme tout ce que je suis. La censure qui se porte sur TOUT ce que je fais n’est pas d’aujourd’hui, j’ai commencé à la percevoir en 1989, vous voyez que ce n’est pas nouveau. Pour échapper à cette censure, j’ai un jour contacté un certain Alain Soral que le hasard des fenêtres YouTube m’avait fait découvrir. Il m’a donné la parole et c’est grâce à lui que j’ai enfin pu rencontrer mon public.

C’est cette rencontre avec Soral qui sert aujourd’hui de prétexte à une opposition et à une haine déclarées. Puisque Soral est le diable incarné, je dois également être comprise dans le rejet qu’on lui oppose. La plupart des gens ne me connaissent que depuis que je l’ai rencontré, on peut donc croire que c’est l’association de mon nom au sien qui me cause des ennuis. Or mes ennuis ont commencé vingt ans plus tôt, et c’est justement à cause de ces ennuis que j’ai pris contact avec lui.

Les petits crétins qui m’ont aspergée de mousse à raser dans le Midi n’avaient pas d’autre argument pour m’interdire de parler que de dire « on vous connaît, on sait que vous êtes proche de Soral », sans rien savoir ni de ce que je fais ni de ce que je dis. Des abrutis bien protégés par le système : on a donné aux gendarmes une vidéo de l’agression, on avait des photos de leurs véhicules et le lendemain ils sont revenus encore, et la Justice a prétendu ne pas avoir pu les identifier. La blague !

Je sais une chose me concernant : tout ce que je fais, je dis bien TOUT ce que je fais depuis trente ans et quel qu‘en soit le sujet, ne passe pas la barre des médias. Aucun média. Puis il y a eu Internet …

Votre parcours est très étonnant. Vous venez des milieux trotskystes et avez été longtemps une « gauchiste mentale ». Depuis, les écailles sont tombées. Peut-on parler dans votre cas de véritable « conversion » et pouvez-vous nous dire ce qui a motivé cette conversion ?

M.S : Il ne s’agit pas vraiment d’une conversion, mais d’un retour aux sources. Je suis devenue gauchiste en renonçant à mes valeurs, et je l’ai fait parce que je croyais que c’était bien. On m’avait menti sur l’Eglise, sur la religion, sur le bien et le mal. L’Eglise était devenue à mes yeux brûleuse de sorcières, opposition au grand mouvement émancipateur des travailleurs, ennemie du bel événement appelé « Révolution française » etc. J’ai cru à tout ça parce qu’à l’école, à la fac, à la télévision, dans la presse, partout on disait comme ça et que mes parents ne sont pas opposés à cette influence. En tout cas quand ils l’ont fait c’était mollement, et trop tard. J’ai fini par prendre mes grands-parents pour des arriérés et j’ai pensé que l’Eglise était une organisation criminelle.

Le miracle a eu lieu quand j’ai commencé à faire de l’Histoire, en 2001 très précisément. En remontant à la source, en étudiant les textes, les archives, les faits, les citations, j’ai levé le voile de la gigantesque arnaque qui s’appelle la République, et sur celle du socialisme qu’on oppose au capitalisme, alors qu’ils sont les feux faces de la même pièce.

La découverte a été fulgurante, absolument fulgurante. Et petit à petit je suis revenue à moi-même, à ce que j’étais avant d’être corrompue. Un jour j’ai dit en rigolant « vive le roi » ! Puis j’ai compris que mes aïeux l’avaient dit sans rire, parce que c’était bien comme ça. Et que les salauds qui ont coupé la tête à Louis XVI étaient les ancêtres des mêmes pervers qui nous vendent du sexe pour les tout petits… Je ne me suis pas convertie, je suis revenue à moi. C’est bon d’être soi. Je suis Française, fière de l’être, fière de mes aïeux et de mes semblables. Aujourd’hui j’aime à dire « Vive Dieu, la France et le roi ».

Pour ce qui regarde le roi, ne me demandez pas lequel…

Vous vous situez historiquement à l’inverse de la doxa républicaine, en particulier en ce qui concerne l’histoire de la monarchie et de la révolution, ce qui vous vaut pas mal d’avanies et d’insultes de la part des historiens officiels. Comment vivez-vous cette véritable cabale dirigée contre vous  et que répondez-vous à vos détracteurs ?

M.S :  Des historiens m’insultent ? Lesquels ? Je n’ai jamais entendu le moindre commentaire, ni désobligeant ni laudateur de la part d’aucun historien. S’il y en a, leurs propos ne me sont pas parvenus. En revanche j’ai eu l’avis que quatre historiens qui m’ont donné la mention TB à ma maîtrise et mon DEA. Ah si : j’ai eu un jour lu l’avis de mon professeur d’Histoire moderne en licence, que j’ai retrouvé par Internet et m’a dit qu’il était heureux d’avoir été mon professeur. Il m’a dit avoir mis mon livre La Marche rouge, non pas de côté dans sa bibliothèque, mais de face pour qu’on le voie bien ! Ça c’est un compliment.

En revanche des insultes sur la Toile, alors là ça vient de tous les côtés et je m’en amuse : jamais, je ne dis bien jamais je n’ai trouvé aucun argument sourcé. On me fait des procès d’intention à la pelle ce qui me laissent absolument de marbre.

Vous avez rejoint le parti politique Civitas dont l’un des chevaux de bataille est la lutte contre la mainmise de la franc-maçonnerie sur notre société. En tant qu’historienne, comment envisagez-vous votre participation à cette lutte ?

M.S : Pardonnez-moi, je suis proche d’Alain Escada et de Civitas mais je n’en suis pas adhérente.

La lutte contre la franc-maçonnerie c’est le combat pour dire la vérité et rétablir le monde à l’endroit. Tout ce que ces gens savent faire c’est mettre de travers ce qui est droit, à l’envers ce qui est à l’endroit, rendre laid ce qui est beau, mal ce qui est bien etc.

Il faut les dénoncer, les débusquer, les obliger à se révéler. Je ne suis pas pour interdire à ces gens de se réunir et de faire des salamalecs en se croyant les maîtres du monde, mais je veux savoir qui en est et que tout le monde puisse le savoir. Si c’est pour faire le bien, il n’y a pas à se cacher.

A titre personnel, j’ai mon moyen de savoir : je demande les yeux dans les yeux à mon interlocuteur s’il est franc-maçon. S’il répond Non de manière franche et instantanée je le crois. Plusieurs fois des interlocuteurs ont répondu Oui spontanément et je les en remercie. Toute hésitation, dénégation molle et alambiquée est le signe qu’il en est. Voir à ce sujet la réponse de Jean-Luc Mélenchon. Trop drôle !

Ma participation au combat de Civitas ? Ecrire des livres et faire des vidéos sur ce que je cherche et découvre.

En dépit du climat de tension qui vous entoure, rien ne semble pouvoir vous arrêter. Quels sont vos prochains projets éditoriaux ?

M.S : De l’Histoire. Le Pain du peuple. Comment le beau royaume de France dans lequel la loi était faite par le peuple et validée par le roi sous la surveillance de l’Eglise a sombré dans l’économie de marché au prix d’un génocide. J’imagine que vous avez compris.

Son site : http://marionsigaut.com/

Sa chaîne Youtube.

 

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