Musique : Il y a du bon à se mettre Martel en Tête !

dans Arts & Lettres & Chansons

Après avoir pris la suite de labels comme Bleu-Blanc-Rock, Lug, PIT, Patriote Production ou encore la SERP, MET ( martelentête ) est le dernier label à produire et distribuer du RAC en France. Une scène qui revient lentement de l’époque trouble de l’apparition du RIF ( Rock Identitaire Français ) qui n’a pas, comme certains le pensaient tout emporté sur son passage et qui, aujourd’hui, se retrouve au même niveau que son cousin le plus pêchu même s’il est toujours plus accessible que ce dernier.


Rédaction NSP
Propos recueillis par Rémi Deflandre

Alors, il y a-t-il de l’avenir pour un genre musical qui a accompagné toute une génération de jeunes français dans les années 80/90, qui a connu son heure de gloire à l’apogée du mouvement contre-culturel Skinhead ? Le fait que les concerts de RAC et de OI! soient souvent interdits condamne-t-il le genre à la marginalité ?
Loin de prendre une quelconque position sur tout cela, les lecteurs pourront se forger leur propre avis.

Peux-tu nous parler de la création du label, de l’époque et de l’objectif de ce dernier ?
L’association Martel En Tête est une association qui a été créée en 2002 avec pour objet de faire la promotion en France d’une musique identitaire et anticonformiste. A l’époque le label se limitait à une liste papier où chaque produit était affiché. On y retrouvait un peu de tout mais essentiellement des CD de OI! et de RAC mais également de métal avec un seul mot d’ordre : la diffusion de musiques européennes et dissidentes. En 2009, il y a eu l’ouverture du Webshop et à partir de là, beaucoup de projets se sont concrétisés.
A ce jour, nous avons sorti 16 productions dont 15 sous forme de Compact Disc (cd) et la dernière sous forme de  vinyle qui est la réédition du premier album du groupe Frakass. En 2013 il y eut une coproduction avec le groupe Sang d’Encre “Premier jet” qui fut tirée à 1000 exemplaires à l’époque. La deuxième prod fut le premier album du groupe DéfianceSans concession“, de la OI! pure et dure. La troisième, la compilation Sol Invictus volume 1, composée de morceaux rares et inédits provenaient de 6 groupes français différents.
La quatrième, le deuxième album de Choc Frontal. Et la cinquième, l’album L’or et  le sang de Gundestrup : une collaboration entre Michel de Frakass et Olaf du groupe polonais Honor, dans un style néo-folk. Jusqu’ici tout était tiré à 1 000 exemplaires environ.
Nous avons ensuite réédité l’album “Le front des patriotes” du groupe Lemovice.  A l’époque, l’album était sorti chez un label Polonais mais le label ne répondant plus, nous avons pris le relais. Cette fois ci à 500 exemplaires dans un format intéressant.
Malheureusement, c’est à partir de ce moment là que les ventes ont commencé à décliner du côté des CDs. Et la sortie du deuxième album du groupe Humungus (seulement 500 copies) “Sans pitié ni remords“, suivie de près par le projet électro-indus-martial BKR 42 de Laurent de Bunker 84. Ce projet créé et enregistré initialement en 2000 n’avait pas vu le jour et ce jusqu’à ce que nous proposions à Laurent de le produire en CD avec un tirage de 300 exemplaires.
En 2017, Bunker 84 est revenue dans les prods avec la compilation de tous les titres démos de Bunker 84 “Démo 85” qui plaira aux fans de la première heure, ou aux plus jeunes qui souhaitent découvrir les débuts du mouvement.
Toujours en 2017, nous avons sortis Frakass le système , qui est une compilation de Michel, le chanteur du groupe, incluant des titres du début jusqu’en 2010. Tout cela sorti en digipack contenant deux CDs, un format un peu particulier. Plusieurs autres productions et rééditions ont suivi, ce qui montre un intérêt encore vif pour ce genre musical tout particulièrement.
Au niveau national vous êtes encore un des piliers dans la distribution de la musique Oi!, RAC. Comment fait-on tourner un label qui ne vend que des produits physiques en 2019 ?
Apparemment, nous sommes le tout dernier label en France à produire ce style de musique, notamment pour le RAC, et également à avoir un site internet. Pour faire tourner
 le label , on essaie d’être partout : les concerts, internet, malgré la censure qui, elle, est toujours et partout présente.
On ne lâche rien !
Vos activités se limitent-elles à la distribution et à la vente ou êtes vous présents dans d’autres secteurs ?
Nous sommes présents également dans la diffusion musicale par l’intermédiaire d’une webradio : la radio Martel En Tête qui réalise des entrevues en direct et que l’on peut retrouver sur YouTube, Bitchute ou Vimeo par la suite.
Des particularités chez Martel En Tête ? Des productions uniques ? Du matériel rare ?
Oui, les rééditions des démos de Bunker 84 sur CD ainsi que les “Frakass le système”, le “Total studio” également ou celle du premier album de Frakass limité à 200 copies. Nous allons prochainement procéder à la réédition de groupes français avec qui nous avons des contacts, notamment pour des vinyles de groupes des 80/90 qui ont marqué le mouvement, tout cela en collaboration avec eux évidemment. Ces nouvelles productions verront le jour en vinyles, peut-être même en cassettes. ( C’est la mode du vintage. )
Comment envisagez vous l’avenir ? Quid des nouveaux projets ?
On essaie de s’adapter à la demande, en faisant des rééditions vinyles par exemple et pour les nouveaux projets, on travaille avec le chanteur de Kontingent pour rééditer en vinyles tous les albums de Kontingent sortis à l’époque chez Rebelles européens. Et en exclusivité, nous pouvons vous dire que nous travaillons aussi sur l’album du come back qui, si tout se passe bien, devrait sortir en 2020/2021. Attention Kontingent revient !
De l’avenir pour la musique Skin ?
La musique Skin a un spectre assez large actuellement qui va de la OI! jusqu’au Hardcore. Nous sommes plutôt optimistes: à une certaine époque, certains pensaient que le RIF ( Rock identitaire français ) allait remplacer la OI! et le RAC mais finalement,  ça n’est pas arrivé. C’est même l’inverse. Tant qu’il y aura des “skins , leur musique survivra. Plutôt que de parler de musique “Skin”, je parlerais plutôt de White noise, un terme popularisé par Ian Stuart.
Tenir un label, le faire vivre, produire de nouveaux groupes, s’adapter à la censure galopante, tout cela n’est pas de tout repos, peut-on vous aider, et comment ?
Effectivement ça n’est pas de tout repos, c’est un gros travail et c’est assez complexe, surtout quand on est seul. Il est difficile de trouver des collaborateurs présents, difficile de trouver des boîtes de pressage ou des graphistes qui travaillent dans le temps. J’essaie de recruter des collaborateurs et des personnes pour m’épauler, comme Kastor pour la radio. Si certains veulent aider, c’est avec plaisir que nous les accueillerons dans le label, nous cherchons des gens compétents et réellement volontaires.
Le  mot de la fin ?  

On remercie NSP pour l’intérêt qu’il porte au label, au mouvement et à la culture et merci à tous ceux qui nous soutiennent en achetant les productions et/ou en écoutant la radio.


Lien du site ( web shop) : https://martelentete.com/

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