Notre-Dame fi du complotisme !

dans Tour d'horizon

Contrairement aux effroyables attentats au Sri Lanka clairement revendiqués par l’internationale jihadiste de DAESH qui ont fait plus de 321 morts et plus de 500 blessés, l’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris qui a suscité beaucoup d’émoi, n’a fait heureusement aucune victime et n’a jamais été revendiqué et pour cause… La raison impose donc d’attendre les conclusions de l’enquête des experts sur les causes réelles de cet incendie catastrophique.


Rédaction NSP
L’enquêteur indépendant

Aussi tous les liens que j’ai indiqués ci-après sur les théories conspirationnistes, ont pour finalité d’illustrer mon propos et en aucun cas d’alimenter ou de propager les rumeurs et conjectures conspirationnistes de la toile. Ces dernières décrédibilisent autant leurs auteurs que ceux qui, sous le coup d’une émotion bien compréhensible, se laissent emporter par leur colportage. Car la volonté maline des adeptes de la théorie du complot est d’imprimer dans la tête de l’opinion que dans tous les cas « on ne nous dira pas tout » voire que « la version officielle cachera la vérité vraie ». La rumeur aura in fine raison des véritables causes qui ne pourront jamais être acceptées par l’opinion publique et dans tous les cas la faute en reviendra au gouvernement avec la complice caution des experts… Le délire aura alors atteint son paroxysme et le crime ne profitera guère au gouvernement.
Car sans attendre les conclusions des enquêteurs, et malgré le fait que les pompiers spécialisés dans ce type d’incendie privilégient a priori la cause accidentelle, toutes sortes de théories du complot ont vite fleuri ces derniers jours sur Internet. Elles veulent réfuter l’apriori d’une cause accidentelle, dénoncer des incohérences en suspectant des négligences humaines (à l’image de l’analyse de ce pseudo-expert) et voir un attentat incriminant des islamistes (qui n’ont pourtant pas revendiqué l’incendie…). Mais elles proposent toutes une commission des faits très approximative reposant sur des témoignages assez flous et peu probants auxquels sont ajoutés des rapprochements hasardeux sur des faits hâtivement dénommés « statistiques » basés sur des tentatives d’attentats (rappelant le prochain procès d’Inès Madini auteur de la tentative aux bouteilles de gaz dans le coffre de la 607 par exemple) ou d’une prétendue vague d’incendies d’églises. En fait cette extrapolation d’actes antichrétiens dont 1063 avaient été recensés par le ministère de l’intérieur en 2018 (1038 en 2017) amalgame les profanations, les vols et les actes de vandalisme, comme l’incendie de l’église Saint Sulpice (dont il a finalement été démontré qu’il s’agissait d’un règlement de comptes entre SDF) et quelques incendies qualifiés de suspects souvent à proximité d’églises rurales ou d’édifices mal entretenus ne répondant pas aux normes de sécurité. Pour se rendre compte des limites de ces amplifications extrapolatives il suffit de consulter la carte du recensement des actes christianophobes sur le site de l’Observatoire de la christianophobie.
Mais « comme il ne peut y avoir de fumée sans feu », les conspirationnistes vont encore plus loin, tentant de recenser tous les actes antichrétiens perpétrés à la même époque (Pâques) les années précédentes en France, en Europe et bien sûr (plus facile) en Egypte, voire, faute de chiffres suffisant, de par le monde (et bientôt certainement sur Mars et pourquoi pas dans une autre galaxie…car c’est bien connu : « la vérité vient d’ailleurs »).
A force de voir des complots partout et de semer le doute systématique, plus personne n’arrive à décrypter les manipulations et distinguer l’info de la désinformation.
Par exemple les horaires de détection de l’incendie de Notre Dame, du (voire des) déclenchement(s) des alarmes incendie transmises automatiquement sur les ordinateurs du PC sécurité de la Cathédrale (lieu d’accueil du public donc soumis à des normes drastiques…) et de la prétendue réaction tardive de l’alerte incendie au PC de secours de la BSPP :
Le vidéo montage proposé par Biotic TV (adepte de la thèse d’une mise à feu criminelle voire d’un attentat…) reprend les horaires de déclenchement des alarmes précisés le 16 avril notamment sur le site de France infos :

  • une première alarme incendie constatée à 18H20 par le PC sécurité donnant lieu à contrôle par un agent qui ne constate rien,
  • puis une seconde alarme à 18H43 dont le contrôle par un agent de sécurité dans la charpente fait le constat d’un départ de feu et donc une confirmation au PC pour appel d’urgence des pompiers.

Avec comme commentaire de Biotic TV : « Mais que font les pompiers ? » (sous-entendu ces complices pompiers pyromanes… ?)

  • Selon plusieurs sources (France Info ou Actu-Orange ou Ouest France) : un panache de fumée est apparu sortant de la toiture de Notre Dame à 18H50 et à 19h53 (19H56 pour France Infos) en direct sur toutes les télévisions du monde, la flèche ne pouvant plus résister aux flammes, s’est effondrée sur elle-même.
  • Selon le compte rendu officiel du conseil des ministres du 17 avril 2019, l’alerte incendie a bien été reçue à la BSPP à 18H51 et les Pompiers ont mis dès 19H00 en place un très important dispositif de lutte pour éteindre l’incendie, sauvant la cathédrale d’une destruction totale.

Donc entre 18h43 où l’alarme est constatée sur l’écran d’ordinateur du PC de sécurité de la Cathédrale et 19H00, 17 minutes se sont écoulées pendant lesquelles un agent de sécurité s’est rendu à la sacristie pour récupérer les clés, est monté dans la charpente pour constater le départ de feu, a prévenu avec sa radio le PC de la cathédrale qui lui a appelé à 18H51 (donc 8 mn après le déclenchement de l’alarme) les pompiers qui ont alors mis moins de cinq minutes pour arriver sur les lieux (18H56), puis en 4 minutes ont constaté l’importance du sinistre et décidé les moyens de lutte nécessaires à mettre en œuvre pour éteindre l’incendie … Qui aurait pu faire mieux que 9 minutes et surtout comment ? Je suis très admiratif de l’exploit réalisé par les sapeurs-pompiers de la BSPP qui en professionnels aguerris ont réussi après neuf heures de lutte à éteindre l’incendie en un temps record compte tenu des difficultés d’accès et des conditions climatiques (vent d’Est assez fort). D’ailleurs le dispositif de lutte contre cet incendie a bien permis de sauver l’édifice en assurant la faisabilité de sa reconstruction et l’opération des soldats du feu méritant la reconnaissance de la nation.
Devant une telle catastrophe chacun doit donc savoir raison garder en attendant patiemment le diagnostic des experts tant en ce qui concerne les causes réelles de l’incendie qu’en ce qui concerne les délais réalistes de reconstruction très certainement supérieurs à cinq ans.

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