« Nous voulons briser le politiquement correct, les codes moraux et artistiques »

dans Arts & Lettres & Chansons/Entretiens

Le collectif artistique Theusz a vu le jour dans le Pas-de-Calais dans le courant de l’année 2015.  Theusz a déjà réalisé 4 albums et un EP mis en ligne sur YouTube, ainsi qu’un certain nombre de titres, de collaborations et de sessions enregistrées en direct. Il a participé à plusieurs compilations, une avec le netlabel Cyanuprod, une autre avec l’Eurasian Artists Association et une participation sur l’album du groupe italien BaraFoetida, pour les plus importantes. Un cinquième album est en préparation. Rencontre avec Rémi Deflandre, président et membre fondateur du collectif.

Vous faites partie du collectif artistique et culturel Theusz, en quoi consiste votre démarche ?

Rédaction NSP
Propos recueillis par Thierry Bouzard

Rémi Deflandre : Pour comprendre notre démarche de départ il faut prendre en compte le parcours de deux des membres fondateurs du collectif. Nous étions des militants associatifs très actifs dans le nord de la France, dans le milieu culturel classique, c’est à dire dans un environnement à gauche toute, durant plusieurs années ; de notre adolescence jusqu’à nos quarts de siècle environ. Nous faisions passer nos opinions politiques au second plan, nous éloignant des projets trop humanistes, ou trop sociaux pour nous, tout en collaborant étroitement avec des socialistes sans scrupules, membres de véritables mafias politico-culturelles. Nous avions besoin de créer, d’entreprendre, nous avions besoin de reconnaissance aussi et le système nous offrait tout cela puis à la suite d’un certain nombre de divergences et de conflits nous avons quitté un à un les collectifs et associations dont nous faisions partie.

L’état de notre pays, de l’Europe et de la culture devenant trop préoccupant pour continuer notre travail à couvert, nous avons donc voulu briser le politiquement correct, les codes moraux et artistiques, parfois un peu trop il est vrai. Notre but premier était de tenir localement et par la suite sur internet le terrain culturel face à la gauche toute puissante, la première tentative de tenir le pavé localement fut un échec total, la presse locale nous ayant identifiés ainsi que les structures culturelles officielles, nous nous sommes donc rabattus sur l’outil d’expression le plus puissant du monde : Internet. Ici, nous souhaitons proposer aux patriotes de toute l’Europe et d’au delà du contenu culturel novateur, dénué de toute influence extra-occidentale.

Selon nous, nous suivons la ligne qu’aurait dû suivre la musique industrielle martiale à ses débuts dans les années 80, nous poussons les concepts, le style et la recherche musicale un peu plus loin à chaque fois pour que ce sous-genre de la musique industrielle puisse continuer son évolution, et ne pas faire du sur place, prélude à sa disparition. Pour faire simple nous produisons de la musique néoclassique, industrielle, électronique, dark ambiant et de l’art graphique en suivant le concept de “révolution culturelle permanente”. Je tiens à préciser que pour l’heure très peu des projets graphiques initiés par notre collectif sont arrivés à leurs termes.

Votre collectif a déjà produit plusieurs albums dans le style martial indus. Pour nos lecteurs qui ne seraient pas familiarisés avec les différents courants musicaux, pouvez-vous situer votre positionnement dans les musiques actuelles ?

R.D: Notre positionnement artistique n’est pas défini clairement, nous utilisons le terme assez réducteur de musique industrielle martiale, combinant des éléments de la musique industrielle (bruits sourds, métalliques, répétitifs, boîte à rythme, réverbération) avec une ambiance martiale (échantillons de discours, rythmes militaires, bandes-sons de batailles, fanfares, etc.) et ce dans la plupart de nos productions. Mais nous produisons aussi de la musique d’ambiance, tournée vers le néoclassicisme mêlant tantôt des échantillons retravaillés, tantôt de la composition.

Se positionner par rapport aux musiques actuelles est une chose délicate, nous sommes à des années lumières de la musique dite commerciale, et de la musique populaire. Malheureusement nos productions sont souvent qualifiées “d’intellectuelles”, alors que nous souhaitons simplement être à l’avant-garde, toutefois nous ne nions pas une certaine forme d’élitisme, quand l’individu basique partageant cependant nos convictions politiques préfère écouter du rap “nationaliste”, nous répondons par un style s’adressant aux personnes possédant une assez bonne culture musicale, dotées d’une oreille initiée. De plus ce sous-genre de la musique industrielle est quelque peu délaissé par les producteurs et les auditeurs, le nombre de groupes connus mondialement se compte sur les doigts de la main, et c’est une véritable aubaine car cela signifie tout simplement que la place est vacante, que le terrain reste à prendre et qu’il ne faut surtout pas le laisser aux marxistes ou aux libéraux qui pullulent dans le milieu de la musique industrielle.

C’est une musique qui est par essence une musique contestataire, issue des années 70, où certains groupes ont souhaité trancher avec le rock progressif en vogue à l’époque. Quand hier ces groupes faisaient preuve de transgression et s’adonnaient à des expériences scéniques plus que douteuses, ils étaient à l’avant-garde d’un mouvement critique, d’une remise en cause de la société. Nous sommes idéologiquement et artistiquement opposés à nos prédécesseurs toutefois nous sommes tout aussi transgressifs et provocateurs, la société ayant radicalement changé au cours des quatre dernières décennies.

Vous avez déjà réalisé plusieurs albums, comment se les procurer, les écouter ?

R.D: Tout nos albums sont disponibles gratuitement à l’écoute sur notre chaîne YouTube, sur notre page Facebook, ou depuis peu sur notre page bandcamp. Mais YouTube reste la plateforme que nous favorisons pour des questions de simplicité d’édition. Notre prochain album sera, en toute logique, le dernier édité virtuellement car nous sommes en discussion avec des labels pour une production physique, nous l’envisagions depuis le commencement mais sans notoriété aucune, l’aventure aurait tourné court.

Vous revendiquez un objectif politique, or contrairement aux paroles la musique ne véhicule pas d’idéologie, comment comptez-vous procéder pour faire passer votre message ?

R.D: Nous pensons au contraire que la musique, même sans paroles véhicule des messages. La pochette de l’album en elle même, l’esthétique du groupe et les titres sont des vecteurs idéologiques puissants. Une personne opposée à nos idées n’écoutera pas une musique si le titre lui fait horreur, ou elle l’écoutera par curiosité avec une idée toute conditionnée mais au contraire une personne partageant nos idées accordera du crédit à une musique rien qu’à la lecture du titre, il sera lui aussi conditionné.

Certaines de nos musiques comportent des paroles explicites, très peu il est vrai toutefois les échantillons de discours remplacent bien souvent les paroles. C’est sans compter l’ambiance générale d’une œuvre, la conception même de la musique ou le placement des différents éléments dans une musique qui peuvent induire des sentiments ou des idées chez les gens. C’est d’ailleurs pour cela que bien souvent la musique industrielle martiale est catégorisée à l’extrême droite à tort alors que nombre de producteurs sont des marxistes.

Plus précisément, la musique est actuellement utilisée comme un outil de plaisir et de conditionnement, alors qu’elle est traditionnellement un outil de communication et d’entretien des liens sociaux. Votre démarche étant politique et visant à rassembler, vous envisagez des concerts pour rétablir des liens identitaires ?

R.D: Nous voyons la musique comme un mélange subtil de toutes ces choses. L’auditeur doit y prendre du plaisir, sinon il n’y reviendra pas. C’est aussi un formidable outil de propagande et de conditionnement, c’est indéniable. La musique soude les individus dans des sous groupes sociaux spécifiques, en cela c’est bénéfique à la cause que nous défendons : une culture européenne propre aux européens. Pour ce qui est de la production scénique, nous pensions que cela était fondamental ou tout du moins que cela devait l’être dans notre démarche puis avec le départ de deux des membres créateurs du collectif nous avons abandonné ce projet.

A l’heure actuelle c’est difficilement envisageable car les membres du collectif sont séparés géographiquement et parfois par un océan. Nous espérons après la production et la vente du dit album en version physique pouvoir préparer une série de courtes représentations scéniques mais les structures culturelles favorables à la production des gens de notre milieu en France n’existent pas ou trop peu, en tout cas pas pour ce genre particulier. C’est un projet très intéressant, nous le gardons sous le coude.

Vous indiquez « Nous sommes pour le bon sens, pour le réel ». Comment votre musique est dans le réel en étant diffusée uniquement par des médias virtuels ?

R.D: Cette phrase tirée d’un article datant il y a un an environ ne servait en rien à décrire notre démarche artistique ou nos productions, elle décrivait uniquement notre état d’esprit concernant la situation de la France, de l’Europe et du monde. Nous sommes réalistes et pragmatiques dans l’approche que nous avons des problèmes concernant notre peuple. Il est vrai que notre vision des choses n’est pas clairement établie, nous travaillons toujours à l’édition d’un court manifeste écrit et sonore qui devrait mettre les points sur le “i” nous concernant, simplement nous voulons que les choses soient bien faites et donc nous prenons notre temps.

Nous préparons une action majeure dans le réel, nous réfléchissons depuis plus d’un an à une opération de diffusion massive de nos productions dans notre secteur, je n’en dirais pas plus, mais nous savons d’avance que cela aura des répercussions importantes pour nous au niveau local, la presse socialiste nous ayant à dos depuis une époque antérieure à la création du collectif, le problème de ce genre d’actions est qu’elles peuvent pousser les pouvoirs publics à nous censurer, y compris sur le net et nous ne souhaitons pas porter un coup d’épée dans l’eau pour ensuite disparaître.

L’engagement politique est à l’origine de votre démarche culturelle. Comment vous inscrivez-vous dans l’identité musicale européenne (occidentale ou non ?) et plus précisément quelle définition donnez-vous de cette identité musicale ?

R.D: En effet, nous ne saurions trop définir notre identité musicale, le collectif étant composé de différents producteurs et musiciens sans compter le support que nous apportons à des groupes proches de nous, dont certains ont un style assez éloigné du notre, je pense notamment à des producteurs comme Giovinezza Europea qui produit une musique martiale industrielle très différente de la nôtre et avec qui nous collaborons souvent, surtout depuis sa censure totale de Youtube ou Droid Legion qui est un petit projet peu connu avec un concept propre et d’autres. Je peux aussi citer nos quelques sessions live avec d’autres musiciens qui se rapprochent plus de la musique méditative et progressive voire orientale que de la musique industrielle pure. C’est peut être paradoxal pour nous, défenseurs de l’identité de ne pas pouvoir donner une description correcte et concrète de la nôtre, mais nos projets nous amènent tantôt vers le black metal tantôt vers la musique électronique, nous nous intéressons fortement aux nouveaux genres musicaux qui émergent à droite ou à certains “revival” comme la retro/néon/fash wave portée par l’alt-right américaine. J’aimerais dire que nous sommes plus Européens qu’occidentaux, c’est un fait, mais nos collaborations et nos centres d’intérêts musicaux nous poussent vers l’Occident au sens large du terme, nous produisons de la musique blanche pour les Blancs et ce d’où qu’ils soient sur le globe.

Contact  : remi62217@hotmail.fr

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