Nouveau sanctuaire pour Franco !

dans Zones occupées

Après avoir ressuscité un débat à huis clos sur le régime franquiste, l’exécutif de Sánchez  reconnait qu’il ne pourra empêcher que « le dictateur »  se retrouve au centre de Madrid dans son nouveau « sanctuaire ».

Rédaction NSP
TRADUCTION FRANCESCA RIVERA

La précipitation est mauvaise conseillère…. Pedro Sánchez voulait retirer les restes de Francisco Franco de la vallée de los Caidos, avant août dernier.

A l’époque, son idée était peut-être de faire correspondre le transfert de Franco avec l’anniversaire du 18 juillet. Mais visiblement, personne – pas même le chef de l’exécutif- n’avait anticipé la dimension du projet et son possible échec. Aux intentions suivirent des semaines de débats, de déclarations et de rectifications, jusqu’à une fin ressemblant à une balle qu’on se tire dans le pied.

Le désir de la famille de Franco de transférer  les restes dans sa crypte privée de la cathédrale d’Almudena est pour le gouvernement une erreur majeure d’anticipation et un véritable handicap et sérieux revers pour Pedro Sanchez.

Si le gouvernement permet que le Generalísimo puisse reposer éternellement dans ce lieu plus central de la capitale de l’Espagne: l’Almudena, à moins de quelques mètres de la Plaza de Oriente qui a offert tant d’après-midi de gloire au régime franquiste, le chef de l’exécutif  qui pensait que l’exhumation serait une affaire simple de quelques semaines, mais qui dure depuis plusieurs mois et pourrait encore être reportée jusqu’en 2019, sera personnellement discrédité.

Crypte dans la cathédrale de La Almudena !

Dans une interview sur Onda Cero recueillie par Europa Press, Carmen Calvo a expliqué que l’exécutif n’avait que la capacité d’exhumer Franco de la vallée de los Caidos, monument qui, contrairement à la cathédrale de La Almudena, appartient au patrimoine national.
Une fois exhumée, le gouvernement devra  remettre la dépouille à la famille parce que cela relève de « sa responsabilité ».  Dans le cas seulement où la famille ne voudrait pas se charger des restes de Franco, l’exécutif aurait la possibilité de décider d’une nouvelle sépulture.
Calvo a justifié le besoin d’exhumer les restes de Franco de la vallée pour se conformer à la loi de la mémoire historique et aux recommandations des Nations Unies, qui faisaient périodiquement  reproche à l’Espagne d’avoir « une tombe d’État où était exalté le dictateur « .
En principe, le gouvernement ne peut pas aller au-delà de ce que sa famille décide « , a-t-elle déclaré, soulignant que le plus important, c’était que le dictateur ne soit plus loué dans un monument public.
La vice-présidente du gouvernement  a admis mercredi 10 que l’exécutif ne pourrait empêcher que les restes de Francisco Franco soient enterrés dans la crypte attachée à la cathédrale de La Almudena si la famille les y amenait et que l’Église ne s’y opposait pas.
Le Congrès avait approuvé à l’unanimité, il y a plus de 15 ans, la condamnation du régime franquiste, la restitution des victimes. le transfert discret de la dépouille mortelle et l’avis d’une commission d’experts qui avait imposé la nécessité de tout faire à partir d’un consensus, sans générer de controverses sociales. C’est tout le contraire qu’a recherché l’exécutif de Sánchez qui a agi par une impulsion politique évidente, mais sans étude préalable.
Si de la Moncloa, par une pirouette, certains ont essayé de semer la confusion à cause d’une hypothétique intervention du Vatican avant la prochaine réunion de la vice-présidente, Carmen Calvo, avec le secrétaire d’État du Saint-Siège, Pietro Parolin, c’est parce qu’ils se sentent désorientés et impuissants. Le « numéro deux » du gouvernement a déjà nié avoir l’intention d’aborder l’inhumation avec le bras droit du pape François.
Pablo Iglesias, les députés socialistes et les séparatistes demandent cependant maintenant au pape que Franco ne repose pas à La Almudena. La grossièreté de la manœuvre éphémère prouve simplement la perte d’initiative.

Source :  Esdiaro.

Derniers articles Zones occupées

Haut De Page