Paul VI le saint du peuple élu

dans Réflexions & Histoire

L’église catholique, qui crée des saints en veux-tu en voilà, vient de canoniser le pape Paul VI en ce 14 octobre 2018. Après Jean XXIII, Jean-Paul II, c’est donc le troisième pape de Vatican II élevé au rang de saint.


Rédaction NSP
Ivan Lévy

Comment devient-on un saint ? La procédure de canonisation implique un procès instruit par la Congrégation pour les causes des saints et prend en principe des années voire des dizaines d’années. Depuis Vatican II, on canonise à la vitesse de l’éclair sans craindre les foudres divines, la plus rapide ayant été celle de Mère Thérésa qui dura à peine 19 ans.
Quelles sont les conditions pour être reconnu saint ? Le candidat, religieux ou laïc, doit bien sûr être un serviteur de Dieu, être mort en « odeur de sainteté », c’est-à-dire que son cadavre doit dégager une douce odeur de fleur ou d’encens, avoir un rayonnement spirituel après sa mort avec des témoignages témoignant soit de son martyre soit de ses vertus théologales et avoir accompli deux miracles au moins.
Examinons donc la candidature de Giovanni Battista Montini, 262ème occupant du siège de Saint Pierre du 21 juin 1963 au 6 août 1978. Il avait été créé cardinal par le pape Jean XXIII dès son élection et il sera le pape qui mènera le concile Vatican II à son terme.
En ce qui concerne la fameuse odeur de sainteté, notre saint père a affiché clairement des opinions anti-fascistes durant l’entre-deux guerres lorsqu’il était aumônier des étudiants, ce qui devrait suffire à la presse internationale.
Observons maintenant son rayonnement spirituel. Celui-ci est directement lié au concile Vatican II, concile qui révisa toute la liturgie catholique, orienta clairement l’église vers la liberté religieuse et l’oecuménisme et ravagea la plupart des églises en révolutionnant leur décor. Exeunt les statues sulpiciennes, les Saint Louis, les Jeanne d’Arc et autres Sainte Philomène ! Ouste, à la cave avec la poussière et les araignées ! Place au modernisme, au rock n’ roll et à la messe Woodstock dans un décor blanchâtre orné de fresques abstraites et criardes. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le rayonnement spirituel en question dure encore de nos jours, ôtant tout aspect sacré à la moindre messe conciliaire. D’ailleurs, on ne dit plus messe, on dit « célébration », c’est plus moderne.

Changement de position sur le judaïsme

Mais la plus grande victoire du concile Vatican II et de son pape saint Paul VI fut incontestablement le nouveau schéma adopté au sujet de l’attitude et de la position de l’église catholique vis-à-vis des juifs et du judaïsme.

Jules Marx Isaac.

Jules Marx Isaac, historien français auteur des célèbres manuels « Malet et Isaac » destinés à enseigner l’Histoire, la vraie, à tous les bons petits français, Label Katz, président du B’naï B’rith, (société secrète hébraïque d’inspiration maçonnique) et Nahum Goldmann, président du Congrès juif mondial sont à l’origine des réformes proposées à l’église catholique au sujet des juifs. Jules Isaac, s’appuyant sur les prélats progressistes, fut le principal promoteur d’une campagne visant à faire modifier la liturgie. Sa thèse soutient qu’il faut en finir avec l’antisémitisme qui a abouti aux camps de la mort et que la première cause de l’antisémitisme est l’antisémitisme chrétien à base théologique. Il faut donc réviser ou occulter le récit de la Passion et l’enseignement des Pères de l’Eglise : saint Jean Chrysostome, saint Amboise, saint Augustin, saint Grégoire le Grand etc…Isaac organise la conférence de Seelisberg à laquelle participeront soixante personnes venues de dix-neuf pays, conférence qui suggère à l’Eglise Catholique de « purifier » son enseignement à l’égard des juifs. Il fonde ensuite l’Amitié Judéo-chrétienne, est reçu par le pape Jean XXIII avec l’aide du Cardinal Béa , précurseur qui créera rapidement un groupe de travail spécialement chargé d’examiner les rapports en l’Eglise et Israel.
Finalement l’essence même du concile Vatican II portera sur une question : pour ou contre les thèses de Jules Isaac …
Des exigences suivront très vite : condamner toute discrimination à l’égard des juifs, modifier la liturgie du Vendredi Saint concernant la mort du Christ, affirmer que les juifs n’en sont pas responsables et que c’est un coup des romains, mettre en sommeil les passages de l’Evangile par trop gênants sur la question, prêcher la contrition et l’humilité à l’égard du peuple juif et enfin réparer tous les torts qu’elle a pu lui causer. Rien que ça !
La manœuvre, menée avec habileté, a réussi. Le concile a voté comme un seul homme pour ces exigences mais notre futur saint Paul VI s’est permis de chipoter et a refusé la promulgation du vote. Naturellement, ce fut un tollé de protestations furieuses de la part de la communauté juive. Pendant ce temps la presse « progressiste » faisait campagne en faveur des exigences d’Isaac et le B’naï B’rith, le Congrès mondial juif ainsi que l’Anti Defamation League  se démenaient comme des beaux diables.
Le 25 janvier 1966, la revue américaine Look ( Look est une revue américaine au tirage fantastique de sept millions cinq cent mille exemplaires, on imagine l’impact) fait paraître un article surprenant relatant que le pape s’était permis de lire le 4 avril 1965 (Cf l’Observatore Romano, 7 avril 1965), dimanche de la Passion, le passage controversé des Evangiles à Notre Dame de la Guadeloupe et de prononcer les paroles suivantes : «  C’est une page grave et triste que celle-là, qui nous raconte en effet la rencontre entre Jésus et le peuple Juif. Ce peuple était prédestiné à recevoir le Messie et l’attendait depuis des milliers d’années et il était complètement absorbé par cette espérance et cette certitude, mais au moment même, c’est-à-dire quand le Christ vient, parle et se manifeste, non seulement il ne le reconnaît pas, mais il le combat, le calomnie, l’injurie et finalement le met à mort. »

Excuses du Cardinal Béa !

Chose incroyable, quelques jours plus tard, le Cardinal Béa se précipite à New York et va présenter ses excuses aux frères du B’naï B’rith en ces termes : » Ne tenez pas compte de ce sermon. Gardez présent à l’esprit que le Pape s’adressait à une assemblée de croyants fidèles, composée de gens du peuple, simples et ordinaires et qu’il ne parlait pas pour une élite cultivée ». Faut-il penser que pour le cardinal Béa, seuls les crétins analphabètes peuvent croire à la véracité de l’Evangile ?
De là à traiter saint Matthieu d’affabulateur …
En tous cas, l’article de Look n’a jamais été démenti par le Vatican et il semble possible de conclure qu’il y aurait eu un accord secret entre le cardinal Béa et le B’naï B’rith, jusqu’à preuve du contraire. Dès lors, les journaux « américains » se lançaient dans une campagne acharnée pour faire pression sur le Vatican. Le pape s’envola pour l’Assemblée des Nations Unies et fit un triomphe avec son discours : « Plus jamais la guerre ! » ; puis il accueillit le président du Congrès juif américain dans une église de l’East Side.
Le sort du vote conciliaire était entendu. Cependant, ce ne fut pas un triomphe complet car la déclaration votée avait été édulcorée afin d’éviter de trancher la question du déïcide et même si toute la presse titrait « les Juifs ne sont pas coupables », «  Le Vatican pardonne aux Juifs » ou « Les Juifs exonérés de toute culpabilité par Rome », il n’en reste pas moins que ce fut une grande déception pour le B’naï B’rith qui n’avait pu obtenir satisfaction sur tous les points. Le vote avait été fixé au 14 octobre  ; le 14 octobre, qui sera aussi la date de la canonisation de Paul VI en 2018, Les chiffres ne mentent pas, comme disent les kabbalistes.
Si toute la déclaration avait été adoptée et le vote premier promulgué, on imagine que les catholiques actuels se verraient obligés de faire dire des messes pour le repos de l’âme et le pardon des péchés de sain Jean Chrysostome, saint Augustin et autres docteurs de la chrétienté « pamphlétaires orduriers et théologiens venimeux » coupables d’avoir « déchaîné sur le monde la sauvagerie de la bête » (Jules Isaac dixit). Nos bons pères de l’église, précurseurs des nazis, voilà une reductio ad hitlerum que ne renierait pas la presse aux ordres.
Notre futur saint Paul VI aura, quant à lui, réussi deux miracles : inventer le judéo-christianisme et vider les églises de leur fidèles et de leurs prêtres.
Les conditions étaient remplies et voilà une canonisation bien méritée.

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