Reconstruction de Notre-Dame : un futur temple maçonnique de la Raison ?

dans Franc-Maçonnerie/Une

Les cendres sont à peine refroidies que le minusoïde de l’Elysée clame déjà sa volonté de reconstruire Notre-Dame en 5 ans, afin sans doute de préserver les bénéfices touristiques des futurs Jeux olympiques de 2024 : cinq ans pour reconstruire la cathédrale à l’image d’une France moderne, plus belle, plus grande, plus forte que la vieillotte France chrétienne.


Klara Von Kustniz
Klara Von Kustniz

Les joyeux drilles qui nous gouvernent viennent de lancer un concours de flèches. Les architectes du monde entier frétillent déjà du crayon : ce sera à celui qui produira le projet le plus fou alors que le plus fou serait, tout simplement, de reconstruire la flèche de Notre-Dame à l’identique.
Jeffrey Hamburger, professeur d’histoire de l’art à Harvard trouve que « it could have been much worst » (« cela aurait pu être bien pire ») et que «  ce n’est pas en reconstruisant la cathédrale que l’on va nécessairement reconstruire un monument à la gloire de l’aristocratie et du catholicisme du Moyen-âge. Simplement, Notre-Dame est le témoin de la totalité de l’histoire de France en tant que nation moderne. Vous ne pouvez pas effacer l’histoire mais vous pouvez marchander avec elle, de façon critique. » M. Hamburger oublie que les cathédrales sont d’abord bâties à la gloire de Dieu même si les puissants de toutes les époques se les sont attribuées en tant que symbole de pouvoir. Emmanuel Macron ne fait que répéter les erreurs du passé, à savoir instrumentaliser Notre-Dame à son profit en utilisant la tristesse des français pour mieux faire oublier les conflits qui déchirent le pays. Voilà un incendie qui tombe à pic pour redorer le blason de la république vacillante. Redresser une république agonisante à l’aide d’un édifice catholique, l’affaire ne manque pas de sel.
Quand on voit ce que les architectes contemporains sont capables de commettre, on peut craindre le pire. Pourquoi pas une pyramide ou un clocher en béton rose en forme de phallus triomphant. Voilà qui devrait plaire à nos amis francs-maçons ou LGBT. Aux Chrétiens, c’est moins sûr.

Les destructeurs de cathédrales

Au rayon des réactions mitigées, les francs-maçons arrivent en tête avec les communiqués les plus succincts de toute leur histoire, le record étant battu par la GLMF (Grande Loge Mixte de France) qui s’est fendue d’un simple Tweet aussi hypocrite que les quelques lignes des autres obédiences. Citons cependant le communiqué de la GLEFU (Grande Loge Européenne de la Fraternité Universelle) qui affirme sans vergogne le lien des frangins avec les bâtisseurs de cathédrale et voit dans la reconstruction « du temple » (je cite) « une occasion de galvaniser la fraternité… » 
En ce qui concerne le mythe imbécile des francs-maçons opératifs et constructeurs de cathédrales auquel s’accrochent les francs-maçons spéculatifs actuels, plus c’est gros plus ça passe. Si les initiés pensent avoir pour mission ésotérique de construire le temple de l’homme universel, affirmer qu’ils descendent spirituellement des bâtisseurs de cathédrales est un mensonge éhonté, une magnifique légende maçonnique que seuls les apprentis naïfs peuvent encore gober. Rappelons que même si le vocabulaire maçonnique se réfère aux outils de l’ouvrier ou de l’architecte (maillet, planche, règle, compas, équerre, règle etc.) rien dans l’histoire ne prouve la filiation entre les confréries de métier 1 et les pingouins en noir qui hantent les temples à la tombée de la nuit car comme le dit Irène Mainguy, responsable de la bibliothèque maçonnique du Grand Orient de France et auteur d’innombrables ouvrages sur le sujet : « La maçonnerie fixe ses origines au début du XVIIème siècle. Mais rien ne surgit ex nihilo. C’est pourquoi il est tout à fait envisageable que des loges de maçons spéculatifs aient existé longtemps auparavant sans avoir de liens avec les opératifs…Faute de documentation, l’historien demeure dans le domaine des hypothèses et des conjectures ». 2
Voilà qui a le mérite d’être clair, surtout que les francs-maçons ne sont pas à une élucubration près en prétendant descendre aussi des Templiers, d’Osiris et des adeptes des mystères d’Eleusis. Pourquoi pas de Tintin et Milou?
La seule certitude reste la haine absolue que la franc-maçonnerie voue à l’église catholique et le rôle évident qu’elle a joué dans sa destruction et dans l’anéantissement de tout ce qui faisait les valeurs de la France chrétienne, la famille, le respect de la vie et l’amour de Dieu et du roi. Rappelons que sur 605 députés du Tiers-Etat, 477 étaient francs-maçons, que ces mêmes révolutionnaires voulaient transformer la cathédrale en temple de la Raison et que comme le disait le F :. Félicien Court lors du toast porté au banquet de clôture du convent de 1927 : «  A la République française, fille de la maçonnerie française ! A la Révolution universelle, fille de la République universelle ! » 3 D’ailleurs, pour les frangins de la GLDF (Grande Loge De France) Notre-Dame n’est que le symbole « de ce qui rapproche les hommes et les femmes, quelles que soient leurs origines et leurs confessions ». Voilà qui a le mérite d’être clair : foin de la chrétienté, foin de Dieu, vive l’œcuménisme. Il est à craindre que le Grand architecte de l’Univers, mandaté par la république macronisante, ne transforme Notre-Dame en « temple » à sa gloire. A ce propos, le gouvernement compte actuellement environ 35 % de maçons alors qu’ils ne sont qu’environ 150 000  en France.
Les francs-maçons détruisent, ils ne bâtissent pas.

Des lois, encore des lois

Le premier ministre Edouard Philippe, que l’on a vu hilare lors de son arrivée sur le théâtre du drame, a annoncé un projet de loi pour « encadrer les dons » destinés à la reconstruction. Il ne faudrait pas que tout ce bon argent générateur de niche fiscale se perde. La république, toujours à la pointe du progrès, va donc nous gratifier d’un énième comité Théodule avec des présidents de commission grassement rémunérés afin de surveiller les finances de Notre-Dame. L’argent récolté servira à doter : « Notre-Dame d’une nouvelle flèche adaptée aux techniques et enjeux de notre époque » …  et un général cinq étoiles, excusez du peu, vient d’être nommé pour superviser tout cela.
Les français se demandent bien ce qu’un général retraité vient faire là-dedans. S’agit-il de faire défiler les ouvriers et compagnons du devoir au pas cadencé afin de garantir le succès de l’entreprise ?Ou verra-t-on l’armée française amener de force sur le chantier la main-d’œuvre nécessaire ?Ou s’agit-il tout simplement de brosser l’armée dans le sens du poil même si le lustrage était déjà bien avancé avec les primes dont avaient bénéficié les hauts-gradés ? A moins qu’il ne s’agisse d’une manœuvre destinée à lécher les rangers des patriotes ? Tout cela sent la fumisterie maçonnique : prendre les français pour des imbéciles est une spécialité républicaine depuis 1792. Au chapitre des fumisteries, nos valeureux gouvernants nous annoncent déjà le criant manque de main-d’œuvre qui risque de se profiler pour la reconstruction de l’édifice. Comment ? Il n’y a donc plus en France et en Europe de maîtres verriers ou de graveurs de pierre dont l’apprentissage durerait toute la vie et qui donneraient leur vie pour sauver Notre-Dame ? Vous les voyez bien venir, nos mondialistes, avec leurs gros sabots. Pour sauver la cathédrale, il faudra irrémédiablement faire appel à la main d’œuvre étrangère et à ses immenses qualifications de bâtisseurs de cathédrales en bouse séchée et en peau de zébu.

La mort dans l’âme

Alors bien sûr, nul ne pourra jamais reconstruire « la forêt » et ses arbres millénaires ; nul architecte moderne ne semble encore capable de poser une dentelle de pierre à 93 mètres de haut. Ce qui a brûlé avec Notre-Dame, c’est l’âme de la France, l’âme de l’Occident chrétien. Rien d’archaïque ni de médiéval dans tout cela. Une âme n’a pas d’âge. La république maçonnique sourit et les démons hilares dansent une sarabande infernale autour de la vieille dame blessée. Leurs rires résonnent dans le crépitement des flammes assassines, rires qu’ils imaginent fêter un règne éternel. Les francs-maçons, les républicains et les démons ont cependant oublié un léger détail qui pourrait gâcher leur fugitif triomphe : « Nous l’avons entendu dire : Je détruirai ce temple fait de main d’homme, et en trois jours, j’en bâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme. » (Marc, 14.58)
Ils ont déjà perdu. Ite missa est.







 

 

 

  1. Cf Le Livre des métiers, établi en 1268 sous Saint-Louis
  2. Irène Mainguy, la Franc-maçonnerie clarifiée pour ses initiés, éd.Dervy 2011, p.40 et 41.
  3. In 1792-1794 La Terreur, mode d’emploi, François Brigneau.

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