Saint Simon de Trente : déchaînement polémique autour d’un tableau

dans Zones occupées

Un enfant de deux ans, Simon Unverdorben, disparut avant la Pâque juive le 24 mars 1475. Son père le signala aussitôt aux autorités de la ville de Trente. Le 26 mars, le corps sans vie de l’enfant est retrouvé exsanguiné, dans un canal passant sous la maison du juif Samuel. Le peintre italien Giovanni Gasparro, 36ans, dont l’inspiration est surtout religieuse, a réalisé une oeuvre remarquable sur cet événement. Tollé général …


Rédaction NSP
Claude Timmerman

Selon  des rumeurs persistantes de ce temps, des juifs avaient vidé l’enfant de son sang pour les besoins de rituels occultes auxquels ils se livraient secrètement. Huit juifs sont immédiatement arrêtés, 10 autres le seront le lendemain. Il s’en suivra l’un des procès les plus connus pour meurtre rituel contre les Juifs et qui s’est soldé par quinze exécutions.
Sur le plan religieux, l’histoire de Simon est aujourd’hui résumée dans la relation rédigée par Mgr Paul Guérin, camérier de Léon XIII, auteur de la série « Les Petits Bollandistes » : vie des Saints, dont les quinze volumes (1866-1869) furent plusieurs fois réédités : “Né comme par prédestination, un vendredi, le 26 novembre 1472, l’enfant d’une pauvre et pieuse famille de Trente jouait devant la porte de ses parents, beau comme un ange. Il avait vingt-neuf mois moins trois jours. Un juif, nommé Tobie, l’enleva sans bruit et l’emporta dans la demeure d’un autre juif appelé Samuel, où la communauté israélite était rassemblée pour célébrer la Pâque. Dans la nuit du jeudi au Vendredi saint, l’innocente victime fut portée à la synagogue et dépouillée de ses vêtements; on lui entoura la bouche et le cou d’un mouchoir pour étouffer ses cris. Alors le chef de la synagogue, Moïse, après des cruautés qu’on ne peut décrire, lui coupa la joue droite, et chacun vint enlever quelque partie de sa chair vive.
Puis on le dressa à demi-mort sur ses pieds, on lui plaça les bras en croix, et les assistants se mirent à percer tous ses membres, les uns avec des aiguilles, les autres avec divers instruments à la pointe acérée. Pendant cet horrible supplice, qui ne dura pas moins d’une heure, ces forcenés hurlaient sans cesse contre ce tendre martyr: « Tuons-le comme Jésus, le Dieu des chrétiens, qui n’est rien, et qu’ainsi nos ennemis soient à jamais confondus ».
Enfin le pauvre enfant, levant les yeux au ciel, laissa retomber sa tête et expira.
Ce crime atroce fut découvert, et les assassins condamnés à mort. L’évêque de Trente recueillit en grande pompe les restes du petit saint et les transporta dans l’église de Saint-Pierre, où ils opérèrent de nombreux miracles…
Le pape Benoît XIV (1740-1758) démontre, dans son traité de la Canonisation, que l’on ne doit point canoniser les enfants qui meurent après le baptême et avant l’usage de la raison, quoiqu’ils soient saints, parce qu’ils n’ont point pratiqué des vertus dans le degré d’héroïsme requis pour la canonisation. Mais il faut excepter les enfants, même non baptisés, qui ont été massacrés en haine du nom de Jésus-Christ: tels sont les saints Innocents, que l’Église honore comme martyrs; tel est aussi saint Siméon, dont le nom figure dans le Martyrologe romain.”  1
Dans l’année qui a suivi sa mort, le clergé local de Trente a demandé la canonisation de Simon, considéré comme saint, et plus de cent miracles lui ont été attribués. Cependant, le Vatican sous le pape Sixte IV a nié son martyre et a refusé de le canoniser. Malgré cela, la vénération a persisté et finalement, le Vatican a reconnu son culte et son martyre en 1588 sous Sixte V, et il était considéré comme le protecteur des victimes d’enlèvement et de torture. Cependant, il n’a jamais été vraiment canonisé par l’église. Cela a été précisé dans une lettre officielle du pape Benoît XIV en 1755, mais son nom fut inscrit au martyrologe.
Le culte du petit martyr de Trente s’est traduit par l’édification locale d’autels avec sculptures et retables à son effigie dans les églises du Trentin et par l’instauration d’une procession qui se déroulera chaque année à Trente le 24 mars.
Il va sans dire que la bien-pensance  a escamoté l’histoire réelle de ce crime sinistre, évoquant, comme de juste, des « accusations infondées », d’autant que Vatican II et la déclaration Nostra aetate ont largement contribué à faire supposer que c’était un mensonge grossier que l’Eglise refusait de cautionner plus longtemps.
Paul VI fit rayer le nom de Simon du martyrologe et des curaillons newlooks firent même démolir dans leurs églises des autels le célébrant. La procession de Trente fut évidemment interdite.
Cinquante ans plus tard, la polémique allait ressurgir sous la plume du rabbin Ariel Toaff, petit-fils du Grand Rabbin de Rome et universitaire israélien, qui ne saurait à l’évidence être tenu pour  « antisémite ».
Au-delà de la seule affaire de Trente, Toaff a méthodiquement passé en revue les procès-verbaux des interrogatoires des juifs accusés par l’Inquisition de commettre des sacrifices rituels d’enfants chrétiens pour en récolter le sang afin de célébrer la Pâque juive. A sa grande stupéfaction, il a découvert que les aveux n’avaient pas pu être forgés par les inquisiteurs compte tenu de la précision d’un trop grand nombre de détails donnés par les accusés.
Dans son ouvrage « Pâque de sang» paru début 2007, il démontra que le contenu qui est évoqué dans ces dépositions est propre à la magie noire pratiquée alors par les kabbalistes ashkénazes, notamment ceux venant de Pologne, et qu’il était tout simplement inaccessible au clergé catholique de cette époque !
Donc il n’est pas imaginable que des aveux – supposés arrachés sous la torture – aient pu avoir été maquillés de déclarations inventées par les inquisiteurs du temps !
Taef l’affirme sans ambages : « À la lecture des dépositions des prévenus accusés de meurtre rituel d’enfants en relation avec l’utilisation du sang, on a clairement l’impression que, plutôt que d’expliquer la finalité de ce besoin de sang d’enfants chrétiens, les prévenus essayaient de décrire les magnifiques propriétés thérapeutiques et magiques du sang, et en particulier du sang provenant d’enfants et de jeunes gens. On insistait principalement sur le sang brûlé et séché réduit en poudre ; ce sang est supposé avoir été utilisé comme hémostatique [coagulant] d’une efficacité extraordinaire lorsqu’il était appliqué sur la plaie causée par la circoncision. Angelo de Vérone n’avait aucun doute à cet égard et expliqua aux juges de Trente qu’une fois le sang réduit en poudre, les juifs le conservaient normalement pour une réutilisation ultérieure lors de la circoncision de leurs fils, pour soigner la blessure dans le prépuce. »
On imagine le tollé provoqué par ces déclarations émanant d’un rabbin en Israël !
Les pressions auxquelles il fut soumis furent telles que dès  14 février 2007, Ariel Toaff a déclaré avoir demandé à l’éditeur italien de son livre d’en arrêter immédiatement la distribution pour qu’il pût « revoir les passages sur lesquels reposent les distorsions et les contre-vérités qui ont été publiées dans les mass-média ». La violente controverse autour de cette première édition le conduisit ensuite à quitter Israël pour l’Italie.Ses rétractations ultérieures n’ont évidemment trompé personne ! Le Monde parlera d’une « curieuse provocation ».

Le scandale au bout du pinceau !


Aujourd’hui le scandale est devenu international à travers l’oeuvre d’un peintre, trop peu connu encore du grand public malgré les multiples récompenses qui ont été décernées à ses œuvres, Giovanni Gasparro, âgé seulement de 36 ans, s’est installé à Bari. Ce peintre, dont l’inspiration est surtout religieuse, a produit  des tableaux pour plusieurs églises, et est bien connu au sein de l’Église catholique.
Son style s’inspire clairement des maîtres classiques du XVIIème siècle, en particulier du Caravage dont il semble être l’héritier spirituel et dont il a repris la maîtrise du clair-obscur…
Sa dernière création, très emprunte de son maitre, comme on peut le voir, vient d’être dévoilée.
Particulièrement saisissante, l’œuvre traite le martyre de Simon de Trente.
Une photo de la peinture (1 ,5 m x 2 m) a été mise en ligne le 24 mars, jour traditionnellement de la fête de Saint Simon. Une conférence était prévue le 3 avril – mais reportée à cause de la pandémie à Corovavirus – intitulée : « L’invention du coupable et la dissimulation de l’innocent – le cas de saint Simon de Trente ».
Cette publication sur le net a évidemment provoqué la vague d’indignation qu’on imagine. Pour le centre Wisenthal : « Le conférencier invité, Don Francesco Ricossa, se consacre à diffuser l’accusation de meurtre rituel. »
Dans une lettre adressée au cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, le directeur des relations internationales du centre, le Dr Shimon Samuels, s’est dit « choqué qu’un artiste catholique rejette la Nostra Aetate ». (sic!)
La lettre souligne subtilement que ce n’est pas une coïncidence si le tableau a été dévoilé le mardi 24 mars, qui est la fête traditionnelle de la Saint-Simon. C’est vrai qu’on n’y aurait pas pensé tout seul. Pourtant cette histoire de meurtre rituel d’enfants est loin d’être une vue de l’esprit et elle traversa les siècles.
La notion de meurtre rituel est apparemment parfaitement assumée dans le monde juif. « L’ancienne Jewish Encyclopaedia (Vol. III, p. 266) énumère les cas suivants, en commençant par William de Norwich : cinq au douzième siècle ; quinze au treizième ; dix au quatorzièmes ; seize au quinzième ; treize au seizième ; huit au dix-septième ; quinze au dix-huitième et trente-neuf au dix-neuvième siècle. Le comput s’arrête en 1900. Total : cent treize meurtres rituels. Il y en aurait eu encore plus de cas au vingtième siècle. »
Historiquement, le dernier grand crime rituel – commis contre des adultes et non sur des enfants – est connu sous le nom de « l’affaire de Damas » :
Le 5 février 1840 dans le quartier chrétien de Damas, le père Tommaso da Calangiano1 (1777-1840),  moine d’origine sarde, de nationalité française, frère mineur capucin, et son domestique, Ibrahim Amarah, disparaissent sans laisser de traces. Le moine étant français, le consul de France à Damas, Ulysse de Ratti-Menton, supervise l’enquête, confiée aux autorités égyptiennes qui administrent alors la Syrie.
L’alerte a été lancée par les chrétiens de rite orthodoxe, qui accusent les Juifs de Damas d’avoir tué rituellement le moine et son domestique, afin de récupérer leur sang pour le repas de la Pâque.
Un barbier juif, Suleïman Negrin, est arrêté. Il affirme que le meurtre rituel a eu lieu.
Le barbier livre également des noms : le grand rabbin de Damas et des notables juifs, lesquels sont emprisonnés et torturés à leur tour afin d’obtenir des aveux.
Deux prisonniers meurent sous la torture et un autre préfère se convertir à l’islam pour échapper à son sort…
Sous la pression des consuls de puissances européennes rivales de la France, décidés à exploiter politiquement l’affaire après l’intervention de juifs d’Europe comme les Rothschild, Adolphe Crémieux et Moïse Montefiore, les autorités égyptiennes reconnaissent l’innocence et font relaxer les autres inculpés. (D’aucuns estiment que cette affaire serait à l’origine de la création de l’Alliance Israélite Internationale par Crémieux.)
L’affaire – qui bien entendu a fait l’objet de protestations et de dénégations acharnées d’usage depuis plus d’un siècle – a été très minutieusement étudiée et  relatée dans un ouvrage qui a fait grand bruit « L’azyme de Sion » rédigé par le général syrien Mustafa Tlass, paru en 1990, qui démontre la culpabilité évidente de certains juifs dans cette affaire.
Inutile de dire que le général Tlass, déjà auteur de plusieurs ouvrages, a été voué aux gémonies…
Pour en revenir à la stricte question du meurtre d’enfants, Bernard Lazare, que personne ne soupçonnera d’antisémitisme compulsif et viscéral, le confirmera spécifiquement dans son ouvrage magistral L’antisémitisme, son histoire et ses causes au chapitre XIII : « Or, il est fort probable, certain même, que des Juifs magiciens durent immoler des enfants ; de là, la formation de la légende du sacrifice rituel. »
Les meurtres d’enfants ne concernent évidemment que certains juifs comme cela concerne certains non juifs satanistes, occultistes ou maçons, tels Benjamin Franklin ou Aleister Crowley
Il est étrange que l’Eglise catholique refuse aujourd’hui d’en convenir …


  1. Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Éd. D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003, p. 179-180.

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