Shoah : « Laissons les historiens faire leur travail ! »

dans Réflexions & Histoire

La Licra va-t-elle porter plainte contre le président israélien Rivlin? Coup de tonnerre au Sionistan – soigneusement occulté dans les médias occidentaux, confessionnels, et pas seulement …

Rédaction NSP
Claude Timmerman

« Le président Reuven Rivlin a déclaré jeudi au nouvel ambassadeur du pays que les Israéliens, contrairement aux Polonais, préféraient laisser aux historiens la tâche de déterminer les faits historiques …». Sans mentionner la loi controversée non amendée, qui prévoit des amendes pour ceux qui accuseraient les Polonais d’avoir été parfois complices des crimes commis par les nazis durant la Shoah, Rivlin a indiqué que les politiques polonaises qui tentent de blanchir les antécédents du pays pendant la guerre forment le principal point de désaccord entre Jérusalem et Varsovie.

Toutefois, Rivlin a également ajouté que cette question n’aurait pas de conséquences négatives sur l’avenir des liens bilatéraux.
« La principale différence entre nous est que nous laissons les faits de l’histoire aux historiens, a dit Rivlin à l’ambassadeur Marek Magierowski, dont le visage est resté imperturbable. »

Mais l’article souligne ensuite :

« A la fin du mois de juin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son homologue polonais avaient signé un accord qui avait marqué officiellement la fin de la querelle portant sur le texte controversé. Varsovie avait accepté d’annuler les sanctions pénales pour les individus accusant la « nation polonaise ou la république de Pologne » d’avoir été complice ou co-complice de la Shoah, même s’ils peuvent encore écoper d’une amende. Jérusalem avait accepté d’émettre une déclaration israélo-polonaise conjointe qui, selon les critiques, adoptait le narratif biaisé de Varsovie concernant la Shoah. »

Le centre de commémoration de la Shoah de Yad Vashem avait durement critiqué ce communiqué conjoint, disant qu’il entraverait la liberté des chercheurs sur le sujet. De plus, avait estimé l’institution, le texte « contient une formulation hautement problématique qui contredit les connaissances historiques existantes et acceptées dans ce domaine ».

On notera au passage cette curieuse formule qui n’est certainement pas le fruit d’une maladresse car à Yad Vaschem – contrairement à ce qu’on voit dans la pratique des médias francophones israéliens – on a une excellente maîtrise de la langue française : « les connaissances historiques existantes et acceptées »
Nous laisserons donc au lecteur le soin d’analyser cette juxtaposition pour le moins révélatrice entre  « existantes » et « acceptées » et d’en tirer les conséquences…

La une du Times of Israël semble sans équivoque,  mais elle associe curieusement cette proclamation avec la mention de la dernière persécution dont est victime l’octogénaire allemande négationniste Ursula Haverbeck, 89 ans, en reproduisant une dépêche AFP, juste histoire de marquer une distanciation qui ne trompera évidemment personne, entre une certaine déontologie politique officielle israélienne et une soumission politique et judiciaire occidentale (ici allemande) à la religion de la shoah relatée par l’AFP … « Le fait de nier le génocide des juifs par les nazis ne relève pas de la liberté d’expression », a confirmé vendredi la justice allemande, donnant tort à une représentante du négationnisme allemand.

Ouf !

Imaginons un instant que la justice allemande n’ait pas servilement volé au secours de Yad Vashem et s’en soit tenue au bon sens exprimé par Rivlin : « Laissons l’histoire aux historiens »
C’est toute la « dogmatique » actuelle de la shoah qui se serait trouvée menacée…
C’est, chez nous, la loi Fabius-Gayssot et autres instruments de l’appareil répressif qui n’auraient plus eu de justification …
Autres constatations apocalyptiques, ce serait la Licra, la LDJ, le MRAP et autres officines spécialisées, qui se retrouveraient privées de la manne des dommages et intérêts, dispendiée par la XVIIeme chambre ; et la famille Klarsfeld, sans tribune, serait réduite au silence …
Pire, et je n’ose l’évoquer, ce serait fatalement l’annulation des condamnations infligées – entre autres – aux ténors du Front National et la réhabilitation de Jean Marie Lepen, de Bruno Gollnisch et autres martyrs de la liberté d’expression, qui n’avaient alors pas dit autre chose, et avaient été lourdement alors condamnés pour cela !
En substance des déclarations sur ce thème: « Laissons l’histoire de la shoah aux historiens »
Or l’Alliance internationale pour le souvenir de l’Holocauste (IHRA), présente dans 31 pays occidentaux, avait déjà donné une nouvelle définition de l’antisémitisme « conçue dans le but de compliquer la possibilité de fuir les répercussions de comportement discriminatoire ou partial à cause d’un manque de précision ou d’opinions divergentes de ce que constitue l’antisémitisme » et sanctionnant la « critique excessive d’Israël ».
Autrement dit, c’est le moyen de permettre d’accuser d’antisémitisme et d’attaquer judiciairement quiconque manifesterait officiellement un désaccord quelconque avec la communauté ou avec l’état sioniste.
Le vieux rêve des activistes enfin réalisé : voir amalgamer « antisémitisme et antisionisme » – ce qui n’a évidemment rien à voir !
Il suffit de voir la quantité de juifs revendiqués hostiles, soit à l’idée sioniste du « retour », soit surtout à la politique israélienne actuelle qui n’est plus du tout l’expression de concrétisation du projet initial de Hertzl.

Le maître mot justifiant les travaux de l’IHRA était alors résumé dans cette proclamation :  « Nous ne pouvons pas laisser la définition de l’antisémitisme aux mains des antisémites ! » 

A la suite de cette déclaration de Rivlin, allons-nous maintenant nous diriger, à Yad Vashem, et chez les apôtres de Lanzmann et Veil, vers une proclamation du même genre : « Nous ne pouvons plus laisser l’étude de la shoah aux mains des sionistes ! »

Paradoxal non ? Quand on sait historiquement que sans la shoah, jamais l’état d’Israël n’aurait vu le jour !

 

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