Tout devient prétexte à désinformation et à endoctrinement… même une guillotine !

dans Résister

En ces temps où les médias professionnels, de plus en plus délaissés, sinon désavoués par le public, tentent désespérément de récupérer un monopole de l’information, avec l’aide du législateur qui entend faire sanctionner comme « fausse nouvelle » (fake news) toute révélation qui ne conviendrait pas au contenu imposé par le politiquement correct, il n’est pas inutile de rappeler un excellent ouvrage publié en 1976, qui dénonçait précisément le rôle de désinformation et d’endoctrinement dévolu à la presse, en vue du conditionnement des lecteurs :  «  Le Monde tel qu’il est. »

Rédaction NSP
CLAUDE TIMMERMAN

Michel Legris, ancien journaliste au Monde – qu’il avait quitté en faisant jouer la clause de conscience en 1972 – y dénonce le parti pris et le traitement de l’information par ce journal à travers l’analyse minutieuse paragraphe par paragraphe, quand ce n’est pas ligne par ligne, de deux articles pris comme exemple, où il montre qu’au-delà du choix du sujet et de son traitement, même l’usage des mots utilisés n’est pas laissé au hasard pour façonner l’opinion du lecteur.
Un ouvrage – qui devrait aujourd’hui être à la base de tout enseignement des écoles de journalisme, ce qui n’est certainement pas le cas – et qui valut évidemment à son auteur l’opprobre de tout le milieu professionnel…
Un livre à conseiller à tout lecteur curieux qui s’intéresse à la fabrication doctrinale de l’information, car rien n’a changé !

Déjà le 12 septembre 1880, Hohn Swinton, ancien rédacteur en chef du New York Times dans les années 1860, n’hésitait pas dire lors d’une conférence : « Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante…/…. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! »

Force est de constater 150 ans plus tard que rien n’a changé…
On pourrait même dire que les choses se sont nettement aggravées !
C’est ainsi que France Info vient de titrer avec brio, photo (et faute d’orthographe) : « Une vente rare a mis au enchères, ce mercredi 11 juillet, une réplique, réalisée au 19ème siècle, de l’ancien modèle de guillotine française. »

Un peu d’histoire !

Une affaire parfaitement anecdotique : l’article évoque la vente aux enchères publiques, dans le cadre très officiel d’une liquidation judiciaire, des biens d’un club de jazz, le “Caveau des Oubliettes”, qui a fait faillite. Ce club parisien des années 1920 était installé dans une très ancienne prison créée pour y enfermer en ce temps-là les adeptes de magie noire. On y avait conservé quelques instruments de torture et la fameuse guillotine, rapportée là, qui décorait le fond de la salle…
Vente insolite certes, mais dont la relation médiatique appelle quelques remarques qui auraient fait les délices de Michel Legris.
D’emblée, l’auteur s’aventure en terrain hasardeux : « La guillotine que vendait, ce mercredi 11 juillet, l’hôtel Drouot, était une réplique, fabriquée au milieu du 19ème siècle, de l’ancien modèle officiel français. »
Par souci de « politiquement correct » on avance aussitôt l’hypothèse d’une « copie », mais un peu d’histoire s’impose !

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