Ugo Bernalicis, l’étoile rouge flamboyante

dans Zones occupées
Rédaction NSP
Ivan Lévy

Ugo Bernalicis, 28 ans, est incontestablement  l’étoile montante de la France Insoumise. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on a un arrière grand-père mort en déportation à Dachau pour ses convictions politiques et nombre d’aïeux élus de gauche. Ugo a eu la chance infinie d’avoir des parents communistes. 

Photo creative commons – ©Virginie Van Roy

De sa jeunesse à Calais à la grande gamelle gouvernementale, notre jeune ami Ugo a fait un parcours sans faute jusqu’à la députation en 2017.

Il commence sa carrière d’insoumis en 2005 en organisant avec ses camarades de classe de joyeuses manifestations de lycéens contre la réforme du Bac, manifestations hautement honorables dans l’intention mais qui lui ont surtout permis de nouer les bonnes relations car, le hasard faisant bien les choses, ses camarades de classe ne sont autres que le fils de Charles François, responsable local du Parti Socialiste et le rejeton d’un adjoint de Jacky Hénin maire communiste de Calais jusqu’en 2008.

Comme le jeune homme le dit lui-même, ce fut « sa première expérience militante ». Il continue ses pitreries lacrymogènes en 2006 contre la loi sur le Contrat Première Embauche et se fait remarquer en s’opposant courageusement au système de notation de son méchant professeur de sport, système qui selon lui, défavorise ses camarades plus dodus et moins entraînés que lui à la course à pieds grâce à l’habitude de la fuite devant les CRS. Ugo est un rebelle de compétition !

La course à la gamelle !

Déjà à la recherche d’une gamelle pleine et toujours prêt à combattre le Grand Capital, Ugo adhère au Parti de Gauche, au Mouvement des Jeunes Socialistes puis au Parti Socialiste mais sentant sans doute arriver le vent de la débâcle rose, il croit judicieux de se tourner vers La France Insoumise non sans s’être d’abord engagé à l’UNEF, creuset de formation de toute la crème de la « gauchitude » et tremplin habituel pour les meilleures places. A cette époque, il s’agite énormément pour prouver ses motivations et montrer qu’il est capable lui aussi d’en croquer. Il se fait élire vice-président du CROUS, milite avec les étudiants communistes et fonde la Fédération des Etudiants en Résidence Universitaire. Ugo est vraiment partout et son étoile brille de plus en plus.

Après avoir obtenu une licence d’histoire et raté -trop occupé qu’il était à manifester et à s’agiter pour se faire remarquer des cadors de gauche- un master en sciences politiques, il réussit en 2012 de façon inattendue le très sélectif concours d’entrée à l’Institut d’Administration de Lille. La sélection y est pourtant impitoyable ; à peine un candidat sur dix est admis. Ugo a décidément une chance formidable. Il est d’ailleurs tellement brillant qu’il obtient son concours tout en faisant campagne pour les Législatives dans la deuxième circonscription du Nord. La chance lui sourit moins cependant et il n’obtiendra que 8,87% des voix.

Qu’importe ! Son avenir est assuré. Le voilà attaché administratif au ministère de l’Intérieur, excusez-du peu pour un jeune communiste. Attaché à un ministère mais détaché des contingences matérielles, notre jeune ami peut vraiment s’attaquer au but de tout jeune militant de gauche : gravir les échelons grâce à la naïveté des électeurs.

Brosser dans le sens du voile …

En 2016, La France Insoumise accueille à bras ouverts ce jeune loup affamé. Ses motivations sont claires, comme il le dit lui même : « la stratégie du rassemblement des différentes forces de la gauche, pour le peu qu’elle fonctionne, ne permet pas de gagner les élections ».

En effet, en fin stratège, Ugo a bien compris qu’il faut toujours éliminer ses anciens camarades pour réussir en politique.

Les Insoumis ne regretteront pas son recrutement. Laminant  sans état d’âme sa concurrente socialiste, Ugo est aussitôt élu dans la deuxième circonscription du Nord. Pour ceux qui ne connaissent pas ce territoire, cette deuxième et fort exotique circonscription est un peu la Bab El Oued des Hauts de France. C’est dire si notre jeune ami, tout comme son nouveau mentor Mélenchon, sait caresser la diversité dans le sens du voile.

A la tête de 5599 € par mois sans compter les 5840 € d’indemnité représentative de frais de mandat et les nombreux avantages plus les  miettes pour participation à trois commissions, Ugo peut tout à son aise lutter contre l’argent tout puissant et le méchant patron qui exploite le pauvre travailleur.

Etre au service des gueux, certes mais pas dans n’importe quelles conditions. D’ailleurs, nullement intéressé et toujours dans le but d’aider les prolétaires, il ne tarde à briguer le poste de Questeur à l’Assemblée Nationale, poste rémunéré à environ 5000 € par mois. Hélas, Eric Ciotti lui piquera la place dorée.Mais qu’on se rassure, ce n’est que partie remise et le jeune député insoumis n’hésitera pas à s’investir encore davantage pour les travailleurs.

Maintenant Ugo a un nouveau dada : l ‘écologie et un but : accrocher à sa bonne étoile les voix de tous les verdâtres de France pour assurer les prochaines élections.

En effet, les Insoumis veulent mettre du vert dans leur rouge et ratisser la terre dans tous les sens. En août 2017, sur le campus de l’université Saint-Charles à Marseille, on prône le vivre-ensemble et le retour à la terre. « L’écologie n’est pas un secteur à part, dit Mathilde Panot, député de l’Essonne et qui suivra les dossiers d’environnement à l’Assemblée avec Loïc Prud’homme, député de la Gironde. On ne peut pas délier inégalités et écologie, démocratie et écologie ». Et Corinne Morel Darleux, conseillère régionale en Auvergne-Rhône-Alpes, de souligner que « la campagne de Jean-Luc avait démarré à Toulouse sur l’alimentation non carnée et sur le quinoa ».

Loin de nous l’idée de dénigrer le quinoa et les carottes râpées, mais enfin, quid de la filière bovine de nos chers agriculteurs ? Quid des travailleurs de la viande ?

Le but affiché des Insoumis est clairement le ralliement des EELV vegans et mangeurs de quinoa. Mais sachant que EELV s’occupe autant d’écologie que La France Insoumise des travailleurs, chacun préférant dans son coin hurler un délirant discours humaniste sur les clandestins qui envahissent notre terre, plus rien ne nous étonne.

Pâturages et Quartiers Populaires sont les deux nouvelles mamelles des Insoumis

Notre camarade Ugo, attaché administratif au ministère de l’Intérieur a dû apprécier les interventions excitées de quelques représentants de la diversité sur (je cite ) « les meurtres impunis de la police ». Youcef Brakni du Comité Vérité et Justice pour Adama Traoré a d’ailleurs interpellé la salle en ces termes : « Cela fait quarante ans que policiers et gendarmes tuent des noirs et des arabes. » C’est dire le niveau d’information des participants à l’université d’été des Insoumis.

Notre jeune député, quant à lui, n’écoutant que son courage s’engouffre résolument dans la mouvance écologique pour réclamer la fin du nucléaire, la sobriété écologique et les énergies renouvelables. Il participera le 26 mars 12018 glorieusement à une conférence organisée par Les Insoumis de Calais sur les thèmes : Loi Asile et Immigration et Sortie du nucléaire.

Vous ne voyez pas le rapport … Nous si :  laisser notre terre être envahie par des hordes de futurs travailleurs sous-payés sur le salaire desquels l’Oligarchie Financière ne tardera pas à aligner les rémunérations des français;  détruire les territoires agricoles par l’implantation d’éoliennes dispendieuses et inefficaces qui sont une véritable catastrophe écologique (voir à ce sujet l’excellent ouvrage d’Alban d’Arguin Eoliennes un scandale d’état), ruiner notre économie rurale afin de favoriser les juteuses importations de denrées à bas prix et la boucle est bouclée.

Mais qu’on se rassure, Ugo lutte contre la finance internationale et pour la terre mais il a oublié une chose : « La terre, elle, ne ment pas. »

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