Une dette mondiale de plus en plus menaçante

dans Tour d'horizon

Jamais sans doute crise financière n’aura autant été prévue et annoncée que celle qui vient. A ce point que les avertissements répétés sur les risques du surendettement des nations et des entreprises en viennent à constituer une sorte de bruit de fond auquel plus grand monde ne prête attention.


Rédaction NSP
Arnaud Raffard de Brienne

Et pourtant, après les avis, recommandations et même admonitions de nombre d’institutions et de personnalités dont Jean-Claude Trichet, ancien patron de la Banque centrale européenne (BCE), c’est au tour du Fonds monétaire international (FMI) de tirer la sonnette d’alarme dans son rapport de printemps sur la stabilité financière dans le monde et d’annoncer une probable crise financière et la récession qui s’en suivrait si rien n’était mis en œuvre dans les meilleurs délais pour réduire le fol endettement des États et des entreprises. Passée de 115 900 milliards de dollars en 2007 à 184 000 milliards en 2017, la dette représente aujourd’hui 225% du PIB mondial, soit environ 86 000 dollars par personne, c’est-à-dire deux fois et demie le revenu mondial par habitant. Depuis la crise de 2007-2008, le système financier ne tient d’ailleurs plus que grâce à une sorte de perfusion massive et permanente de liquidités destinées au maintien de la croissance et par conséquent à nous épargner une crise économique sans doute bien plus sévère encore que la précédente. Mais aussi vrai que la croissance mondiale dépend de la dette, encore faut-il pouvoir en assurer le service, ce qui devient problématique voire périlleux en cas de décélération de la conjoncture et de relèvement des taux. Pour ce qui est de la décélération, nous y sommes.

Un niveau d’endettement sans précédent

Conséquence d’une décennie d’argent facile, le monde n’a jamais été autant endetté et l’encours des obligations spéculatives aux Etats-Unis a doublé au cours de cette période en même temps qu’ils ont considérablement développé les emprunts à risques. Le sévère avertissement de 2007-2008 n’aura donc servi à rien : une sévère crise financière et le basculement des économies en récession semblent inéluctables et les milieux financiers anticipent cette crise qu’ils nomment pudiquement régulation, dans le courant de l’année 2020.

Selon l’adage, trop d’impôt tue l’impôt, depuis 2017 et plus encore depuis septembre 2018, malgré une fiscalité française insensée contribuant au laminage des classes moyennes, les recettes fiscales commencent à fléchir laissant présager à moyen terme une situation problématique des finances publiques. De plus, le ralentissement de l’économie mondiale annonce une prévisible dégradation de l’indicateur sur le déficit mensuel, indicateur parmi les plus fiables qui soient d’une crise budgétaire à venir.

Article initialement paru dans le journal Présent.