“Une enfance à l’extrême-droite” ou l’art de la propagande

dans Zones occupées

Mardi 19 novembre, la chaîne franco-allemande Arte nous gratifiait de la diffusion d’un « documentaire » sorti en 2018 et intitulé « Une enfance à l’extrême-droite », documentaire censé démontrer le calvaire des enfants élevés dans ces milieux de pensée. Le top de la Propagandastaffel des biens pensants.


Klara Von Kustniz
Klara Von Kustniz

Arte, chaîne franco-allemande née en 1991 à l’initiative de François Mitterand et d’Helmut Kohl, est depuis sa naissance le vecteur idéal de la bien pensance absolue. Le canal nous a habitués à la diffusion de séries documentaires toutes plus édifiantes les unes que les autres sur les vilains nazis, les méchants colonialistes et les affreux homophobes. Avec le documentaire « Une enfance à l’extrême-droit e », Arte atteint des sommets inégalés dans l’art de la propagande, faisant passer Goebbels et le régime communiste pour d’aimables amateurs.
« Une enfance à l’extrême-droite » est un pseudo-documentaire réalisé en 2018 par le producteur Frank Geiger et son complice, l’iranien Mohammad Farokmanesh. Ce dernier s’était d’ailleurs déjà distingué en 2017 avec le documentaire Made in Islam, plongée au cœur de la mode islamique, entre « glamour et émancipation » précise-t-on sur les sites de présentation. C’est dire si ce monsieur est qualifié en matière d’extrême-droite.

Les petits germains …

Le documentaire, réalisé pour un public franco-allemand, est présenté sous deux titres : « Kleine Germanen » (les petits germains) en Allemagne et « Une enfance à l’extrême-droite » en France. Déjà, la volonté d’amalgame est évidente. Il s’agit en Allemagne de conspuer la « germanité » et donc de continuer le travail des Alliés qui voulaient transformer l’Allemagne en désert, et en France de faire bien sûr l’amalgame avec les partis politiques dits d’extrême-droite, Rassemblement National, Parti de la France, etc. Tous nazis qu’on vous dit !
Le film repose sur une opposition entre réalité et fiction, entre témoignages réels et film d’animation et c’est bien là que le bât blesse. Les témoignages se succèdent sans susciter le moindre malaise : un couple de cathos tradis, une mère de famille membre de PEGIDA, une jeune femme militante qui promène son chien et l’inévitable repenti de service qui est devenu gauchiste en découvrant l’existence de la diversité. Les témoins, censés représenter le pire de l’extrême-droite, nous expliquent posément qu’ils souhaitent élever leurs enfants le mieux possible dans le respect de l’autre , loin de la société consumériste et mercantile, afin d’en faire des adultes épanouis et heureux, physiquement et intellectuellement. Comble de l’horreur, les enfants n’ont pas la télé et il leur est demandé de bien travailler à l’école, de se tenir droit, de respecter les adultes et d’être propres. Voilà de quoi faire frémir en effet…Si les témoignages ratent absolument leur coup en ne nous montrant que des gens parfaitement normaux, leur mise en scène relève de la plus pure propagande : la jeune militante est filmée promenant son chien – un berger allemand bien sûr – devant les grilles d’une maison, grilles qui évoquent à merveille les barbelés d’un camp. Vous la voyez venir, la grosse manipulation ? Quant au couple catho tradi, l’homme et la femme ont été placés dans leur salon bibliothèque, ils sont assis dans de grands fauteuils qui les obligent à se tenir droits à une table face à la caméra et à distance respectueuse l’un de l’autre. Entre eux, on aperçoit la grande porte en bois du salon, visiblement verrouillée. Deux tasses bleues de Prusse sont placées devant eux. Tout y est, l’impression d’un couple désuni par la distance, l’enfermement, la nostalgie de l’ancienne Allemagne et la rigidité de caractère. Sauf que leurs propos contredisent totalement la mise en scène. Nous n’entendons qu’un couple uni qui élève ses enfants le mieux du monde au milieu des livres et de l’amour. Chaque « témoin » évoque son enfance bercée par les idées nauséabondes de ses parents, enfance invariablement merveilleusement heureuse en contact avec la nature et ses pairs. Le réalisateur ajoute à tout cette lamentable manipulation la description mensongère des camps de vacances où l’extrême-droite envoie ses enfants : des camps scouts, filmés à distance respectueuse soigneusement caché derrière le parking, des camps scouts où- abomination- on voit des petits blonds et des petites blondes chanter et danser sur autre chose que de la musique congoïde.

Puisque les témoignages ratent définitivement leur coup en matière de dénigrement des parents d’extrême-droite, les réalisateurs ont eu l’idée géniale d’y adjoindre un film d’animation dont les séquences viennent ponctuer les images réelles. Le graphisme rappelle irrésistiblement les imageries d’Epinal de la grande Allemagne, voire du IIIème Reich. Nous suivons le récit d’Elsa – récit soi-disant inspiré d’un fait réel mais aucune source ne vient corroborer cette hypothèse- de son enfance à sa vie d’adulte. Elsa adore son grand-père qui est pourtant un ancien SS et avec lequel elle joue au vilain bolchevik , affublée d’une vieille veste d’uniforme et d’une passoire en guise de casque. Bref, comme tous les enfants, Elsa joue à la guerre, aux cows-boys et aux indiens et au gendarme et au voleur. Son grand-père l’emmène dans la montagne pour de longues randonnées en communion avec la nature. Une enfance heureuse, pleine d’amour et de jeux mais le réalisateur ne l’entend pas de cette oreille et voilà le papy nazi qui laisse sa petite fille se blesser les pieds en promenade et lui assène « qu’elle doit être fière de ses blessures ». On se croirait sur le front de l’Est. Bien entendu , le grand-père est antisémite et  la petite Elsa a d’horribles cauchemars où un rat géant affublé de papillotes, d’un caftan noir et d’un nez improbable finit dans les flammes d’un gigantesque brasier…Le fond du ridicule est atteint avec cette allusion grotesque aux camps d’extermination. Encore une fois, le réalisateur rate son coup car l’allusion est si énorme, si lourde qu’elle en devient ridicule et ne peut que déclencher l’hilarité.

Horreur, des petits blonds …

Elsa grandit et, naturellement, épouse un aryen néo-nazi. Elle s’installe à la campagne et, avec son mari, intègre une communauté fondée sur les traditions européennes. On y fait des banquets, on essaie d’y vivre hors du monde et de s’entraider en transmettant les traditions germaniques : un clan, en quelque sorte. Très vite, Elsa a une petite fille, Marit,  élevée dans les mêmes idées. A la ferme, point de télévision, une vie proche de la nature et beaucoup d’amour. Naturellement, la petite Marit va grandir dans la haine de l’autre car papa nazi va lui expliquer qui est l’ennemi. N’hésitant pas à falsifier la réalité, le metteur en scène nous montre la petite Elsa fascinée par le dieu Thor dont le torse s’orne d’une énorme croix gammée…On veut bien qu’il y ait eu une svastika, un des plus vieux symboles de l’humanité, sur la ceinture de Thor mais une croix gammée sur son torse, on nage en plein délire et nous conseillons à Farokmanesh et Geiger de relire leurs classiques en matière de mythologie nordique.
Le mari milite au sein de mouvements d’extrême-droite mais s’avère très vite être ce qu’on pourrait appeler un « Gogole 88 », c’est-à-dire un imbécile fini, violent et bas du front, prêt à toutes les exactions au nom de ses idées. On connaît les mêmes chez les antifas, seul le costume change. Elsa accouche d’un petit garçon et là, catastrophe, l’enfant est trisomique ! Naturellement, pour le réalisateur jamais avare de clichés, les vilains néo-nazis vont rejeter l’enfant ! Seule sa grande sœur le protège, en particulier lors des camps d’été réservés aux jeunes aryens. Le mari, jamais à court d’une ânerie, purge une peine de prison de 18 mois pendant que sa famille s’organise remarquablement, travaillant dur à la ferme et ouvrant une boutique de produits du terroir. Elsa offre un piano à sa fille qui s’avère talentueuse mais lorsque papa nazi rentre, il lui brise les doigts parce que la malheureuse enfant joue du…Mendelsohn…qui, comme chacun le sait, est juif…Elsa chasse son époux violent. Le fonds du ridicule est atteint lorsqu’on voit le clan attaquer la ferme afin de réintégrer le père violent. Enfin, Elsa s’enfuit en ville, doit changer de nom un nombre incalculable de fois car le clan la retrouve systématiquement grâce à sa « carte vitale ». Ils sont trop forts ces néo-nazis, ils ont accès à toutes les cartes vitales. On la voit bien se profiler, la pieuvre tentaculaire …Et comme ce navet sera vraisemblablement diffusé dans les écoles, il faut bien faire pleurer dans les chaumières avec une fin dégoulinante de pathos. La fille d’Elsa se jette par la fenêtre et Elsa reste seule avec son fils trisomique, face à une image de montagne germanique que n’aurait pas reniée Leni Riefenstahl. Le message est clair : le monde des aryens est fini, définitivement fini.

Le pire de ce nanar bien pensant est l’amalgame réalisé entre les témoignages réels et la fiction d’animation parfaitement invraisemblable. Cet amalgame apparaît sous la forme d’un fil rouge qui nous montre systématiquement, avant chaque transition, des hordes d’enfants blonds aux yeux bleus, filmés en gros plan pour leur donner l’air le plus menaçant possible.
On a bien compris l’intention des réalisateurs : le monde des blancs est terminé mais il reste une menace : leurs enfants. Et la terreur du Système est bien palpable car ce documentaire stupide démontre parfaitement que celui-ci a identifié son ennemi et cet ennemi, c’est le clan, organisation qui n’a aucune existence sur le papier mais qui permet aux européens de se regrouper et de transmettre leurs traditions, toutes choses que le Veau d’or ne saurait tolérer mais qu’il ne peut pas contrôler.
Alors, amis européens, vous savez ce qu’il vous reste à faire …



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