Rothschild « bienfaiteur » de la France et de ses médias …

Le 3 janvier 1973, la loi 73-7, communément appelée « loi Pompidou-Giscard », précise les modalités selon lesquelles la France peut emprunter à la Banque de France. Elle établit que « le Trésor Public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France » (Article 25, abrogé en 1994 mais repris dans des textes européens). En substance, jusqu’en 1972, la Banque de France avait la capacité de prêter à l’État sans intérêt jusqu’à une somme équivalente actuelle de dix milliards d’euros, et dix autres milliards à des taux très réduits. Au-delà, la France était contrainte d’emprunter sur les marchés privés, avec des taux d’intérêt plus élevés, bien entendu.

Avec l’illustre article 25, la France se retrouve sous la coupe de la haute finance, obligée d’emprunter à des banques privées l’argent qu’elle aurait pu créer elle-même. Il est intéressant de noter que cet article controversé n’est pas inédit, étant déjà mentionné dans une interdiction promulguée par Léon Blum en 1936, utilisant des termes identiques. L’article 25 refait surface en 1993 dans le traité de Maastricht, article 104, paragraphe 1 (Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne).

De Blum à Maastricht : une continuité inquiétante

De Blum à Maastricht, en passant par Rothschild, le cercle se referme et la France est laissée aux mains des financiers. Mais quel est le lien avec la famille Rothschild ? Dans certains cercles, on avance que c’est l’extrême-droite qui a, par esprit de malice, désigné la loi de 1973 sous le nom de « Loi Rothschild ». Faut-il vraiment avoir l’esprit tordu pour en arriver là ?

Anatomie de la loi

Cette loi a été conçue sous l’initiative du gouverneur de la Banque de France à l’époque, Olivier Wormser, et du ministre des finances, Valéry Giscard d’Estaing, durant la présidence de Georges Pompidou. Olivier Wormser est le petit-fils du banquier Georges Marcel Wormser, qui lui-même était le fils d’un agent de la banque Lazard frères et Cie. De plus, il a été président honoraire du consistoire israélite de Paris.

La banque Lazard, née en 1848 aux États-Unis par trois frères lorrains exilés, est un puissant groupe financier (1.905 millions en 2012) connu pour ses conseils aux gouvernements en situation de crise. Par exemple, la banque a conseillé la Grèce sur la restructuration de sa dette en 2012, empochant un bénéfice conséquent de 25 millions d’euros dans ce cadre.

Depuis 2015, Lazard gère toujours la dette grecque et accompagne également la France dans la gestion de ses investissements publics. Les rênes de cette banque sont tenues par Olivier Roger et Mathieu Pigasse, ce dernier étant actionnaire du Monde et du Huffington Post et propriétaire des Nouvelles Éditions indépendantes, gestionnaire des Inrocks.

Pigasse, recruté par Lazard grâce aux conseils d’Alain Minc, ancien rédacteur en chef du Monde, évoque inévitablement des parallèles avec M. Walter, un personnage financier et gestionnaire de journaux du roman de Maupassant (Bel-Ami). L’écrivain a brillamment illustré la collusion entre la haute finance et la presse, illustrant comment il est crucial de garder « une feuille qui navigue sur les fonds de l’État et sur les bas-fonds de la politique ».

Liens étroits et ambitions

Un autre acteur clé de la « Loi Rothschild » est Valéry Giscard d’Estaing, ministre des finances à l’époque, dont l’épouse Anémone a des liens avec le puissant Groupe Schneider. Après sa nomination en tant que président de la République, Giscard d’Estaing choisit Raymond Barre, affilié à la Trilatérale et ancien directeur de Rothschild, comme premier ministre – une situation qui rappelle l’ascension d’Emmanuel Macron.

Des années plus tard, en 1989, Giscard d’Estaing, aux côtés de François Mitterrand, enfile le ruban de la légion d’honneur pour le chef suprême de la Trilatérale, David Rockefeller. Notons que la banque Rothschild et Cie fait partie des premières banques françaises et fait partie du groupe Rothschild & Co, un des plus influents groupes bancaires mondiaux, capable, avec la Banque Lazard, de renflouer les États en difficulté, en échange d’intérêts conséquents.

Nous laissons à nos lecteurs le soin de tirer les conclusions qui s’imposent, tout en toute reconnaissance pour le remarquable travail d’Henry Coston qui a largement contribué à cet article.

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